J'ai toujours été épatée par cet arbre des régions chaudes
Arbre du voyageur Ravenala madagascariensis
Ravinala1 est le nom malgache de l'arbre.
Sa sève abondante est potable, et facile à extraire d'un coup de machette2,3. Ce fait lui a valu son nom vernaculaire dans les langues occidentales, car l'arbre permet ainsi de désaltérer le voyageur.
Originaire de Madagascar, l'arbre du voyageur fait partie de la famille des Strelitziacées. Ce n'est pas un arbre (au sens botanique du terme), mais une plante herbacée au stipe lacunaire, ce qui le fait parfois ressembler à un palmier. De par sa forme et sa taille, il se repère de loin. Adulte, le stipe mesure environ dix mètres de hauteur, ce qui porte sa hauteur totale à environ 20 m. Le botaniste Philibert Commersson le découvrit lors de son séjour à Madagascar en 1779-1780.
Ses vastes feuilles sont disposées en éventail, dans un même plan. Leur base en forme de coupe retient l'eau de pluie dans laquelle de nombreux moustiques viennent pondre. À Madagascar, ces réservoirs d'eau hébergent des espèces très originales qui sont inféodées à ce micro habitat (batraciens, coléoptères et moustiques)4. Le pétiole est plus long que le limbe.
Lorsqu'il fleurit, il produit de grandes fleurs blanches, à 3 sépales, 3 pétales et 6 étamines, dans des spathes de 15-20 cm. À Madagascar, la floraison commence en septembre. La pollinisation est assurée par les chauve-souris et les lémuriens.
Les fruits sont des capsules à 6 loges, ressemblant à des bananes ligneuses, contenant de nombreuses graines entourées de fibres d'un bleu intense qui attirent les oiseaux.
Nom
Une légende erronée voulait que son nom d'« arbre du voyageur » provienne de ce que l'eau de pluie, qui s'accumule dans les cales cavités à la base de ses feuilles, permettrait au voyageur de se désaltérer. Mais cette eau, où macèrent feuilles et insectes morts aux températures tropicales, est impropre à boire. Dès la fin du XIXe siècle, les voyageurs et botanistes de terrain considéraient cette motivation lexicale comme fantaisiste et éclairaient la véritable origine du nom.
« Il est bien connu aujourd’hui que rien ne justifie la réputation faite au Ravenala et la légende qui lui a valu son nom vulgaire. […] La vérité est qu'il croît, non dans les déserts, mais bien dans des sols humides ou à proximité des cours d’eau. […] L’eau contenue au cœur de l'arbre permet de désaltérer le voyageur. En perçant le cœur de l'arbre, de l'eau fraîche en jaillit qui est particulièrement désaltérante. »
— Bulletin de la Société nationale d'acclimatation de France : revue des sciences naturelles appliquées 1896 (Gallica, BNF)