Souvenirs d’une visite à Lectoure, près de Toulouse, d’une ancienne tannerie reconvertie en musée vivant, passionnant. Existe-t-il encore ?(ravivés par Wikipédia...)
Le Pastel des teinturiers, Isatis tinctoria ( f. des Brassicaceae) est une herbacée bisannuelle.
Ce sont ses feuilles en rosette de la 1ère année qui sont récoltées pour cet usage tinctorial. ( mais la belle a aussi un usage médical et fourrager).

Une plante à fleurs jaunes qui donne un colorant bleu clair ??!!
Un incroyable procédé de fabrication !!! (Mais comment les anciens ont-ils inventé tout ça ?!!! D’heureux hasards et un œil avisé sans doute ...) Voyez un peu ...
Les feuilles broyées formaient une pâte ( d’où le mot « pastel ») mise à fermenter, puis à sècher et façonnée en boules grosses comme le poing : les coques ou cocagnes. Elles achèveront leur déshydratation dans une corbeille placée tout en haut d’un mât (de cocagne !) pour décourager les voleurs, et seront vendues pour préparer l’anagrat.
La poudre obtenue en écrasant les cocagnes, au maillet ou au moulin, arrosée d’eau et ... d’urine fermente. La pâte s’echauffe, fume, fait des bulles et ...empeste (les fabriques sont relégués loin de Toulouse) ! Une fois séchée, elle donne une poudre noire, vendue en sacs ou en barils, qui se conserve longtemps : l’anagrat qui contient le pigment appelé indigo.
Mais l’indigo est inutilisable tel quel pour teindre les textiles car il est insoluble dans l’eau !
Il faut le « réduire » dans un liquide alcalin que les anciens obtenaient en laissant de l’urine , encore, (les teinturiers payaient des buveurs de bière !) fermenter 2 à 3 semaines, dans des cuves exposées au soleil... Le liquide jaune-vert qui résultait était le bain de teinture : le fil ou le tissu y était trempé pendant environ 1/2 h puis exposé à l’air libre pour « s’oxyder » et c’est là que la magie ( ... ou la chimie !) opèrait : le textile jaunâtre vire , sous vos yeux, au bleu clair !!
