Chrozophora tinctoria ( Croton des teinturiers, Maurelle (Chros : teint)) - Euphorbiaceae
Mentionnée par Théophraste, Dioscoride, Pline pour ses qualités tinctoriales, cette espèce méditerranéenne thérophyte, thermophile, héliophile, pousse en lisière des champs, des friches, sur les talus, mais aussi sur des sols arides, et même rocailleux. Elle est rameuse, tomenteuse, grisâtre, avec des feuilles alternes ovales, lobées à dentées, longuement pétiolées et portant deux glandes à la base du limbe qui attirent les fourmis.
Petites fleurs unisexuées jaunes en grappes terminales (subsessiles pour les mâles, pédonculées pour les femelles à la base des fleurs mâles), le fruit est une grosse capsule à 3 coques globuleuses (cf. Euphorbiaceae) qui s'ouvrent brusquement, éjectant l'unique graine qu'elles contiennent. Par contre son inflorescence n'est pas en cyathes.


(http://fjpower.forumgratuit.org/t2414-chrozophora-tinctoria-tournesol-des-teinturiers-maurelle)
Cette plante contient un pigment (anthraquinone ?) qui a la propriété de changer de couleur selon qu'il est en milieu acide (rouge) ou alcalin (bleu), et en milieu neutre, il donne un violet. Elle a été très utilisée au Moyen-âge, notamment pour les enluminures, on l'appelait alors "tournesol", et "folium" pour la teinture qui en était extraite. On l'utilisait bien sûr pour teindre des pans de tissus, pourvu qu'ils soient de chanvre (qui servaient surtout aux marchands de fromage hollandais qui obtenaient, avec l'acidité dégagée par les ferments lactiques, de belles croûtes rouge-orangées). La cuisine médiévale l'utilisait pour teinter les plats de viandes, de poissons ou les soupes. Elle se cultivait aux environs de Nîmes (Gallargues).
La préparation nécessite diverses opérations, dont des bains dans l'urine :
http://www.citadelle.org/articles-80-Le-tournesol-medieval.cfm
https://fr.scribd.com/document/14042734/Bulletin-Mai-2006