photo : http://linfrance.com/le-lin-une-plante-pas-comme-les-autres/
Le linum usitatissimum, de son nom latin, peut atteindre jusque 1 m de hauteur et possède des racines pouvant également descendre jusqu’à 1 m de profondeur.
LA FABRICATION DU TISSU :
http://www.suaire-science.com/lin.htm#NW-ANCHOR-5
- Le lin est une plante dont la tige a environ 1 mètre de hauteur et 1à 2 mm.de diamètre.
Les tiges de lin sont arrachées quelques semaines après la floraison puis mises en botte.
- Le rouissage : les bottes sont ensuite plongées dans une eau courante ou stagnante de façon à dissoudre le "ciment" de pectose qui unit les fibres en faisceaux et au bois de la tige. (Clic sur l'image pour détails)
- On procède ensuite au séchage puis à différentes opérations ayant pour but de séparer les fibres du bois et des impuretés : broyage, battage et raclage ou teillage.
A la fin de ces opérations on obtient puis on sépare les fibres longues (filasse) servant à la fabrication des tissus de qualité, des fibres courtes (étoupes) et d'autres fragments et déchets.
- La filasse subit ensuite un peignage qui permet de démêler et de paralléliser les fibres.
- Le filage : c'est l'opération qui consiste, sur un fuseau, à unir les fibres entre elle en les tordant ensemble pour obtenir des fils utilisables pour le tissage.
La cohésion entre les fibres dans un fil est naturellement obtenue par l'adhésion entre elles de sortes d'écailles ambrées recouvrant les fibres.
Le mouvement de torsion habituel suivait la torsion spontanée des fibres et l'on obtenait une disposition en S.
Sur le suaire au contraire on observe la disposition inverse en Z, inhabituelle, traduisant probablement l'utilisation de 2 fuseaux.
- Le blanchiment : il consiste à blanchir le lin pour le rendre plus clair, homogène et soyeux. On utilisait probablement pour cela différents types de solutions de trempage. Le blanchiment aboutissait à la disparition d’une partie de la lignine, composant sombre des fibres du lin.
Cette technique a varié au cours des âges.
Dans l'antiquité, selon Pline l'Ancien (Histoire Naturelle, Livre XIX), on utilisait des techniques de blanchiment "douces" sur les écheveaux (l’écheveau est le fil une fois enroulé) avant le tissage et chaque écheveau était blanchi séparément.
Au contraire, au Moyen-Age, les lins médiévaux étaient blanchis avec des méthodes plus "dures" et seulement après le tissage du tissu entier.
Ces considérations sont d'une grande importance dans l'étude du suaire, comme nous le verrons.
- Le tissage : il consiste à fabriquer le tissu final en entrecroisant les fils sur un métier à tisser.
La technique consiste, dans son principe à attacher côte à côte des fils verticaux à un montant (les fils de chaîne), puis à faire passer perpendiculairement, c'est à dire horizontalement, les fils de trame entre les fils de chaîne.
Sur le suaire, chaque fil de trame passe au dessous d'un fil de chaîne puis au-dessus de 3 fils de chaîne et ainsi de suite (" 3 lie 1" est le terme technique).
Le fil de trame immédiatement au-dessous du précédent est décalé d'un fil de chaîne, et ceci 40 fois de suite, puis le sens est inversé.

