Boehmeria nivea

Boehmeria nivea

par Dominique CHIFFOLLEAU,
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Boehmeria nivea

ou ortie de Chine ou ramie.

famille des Urticaceae 

On utilise la tige.

Je n'ai pas réussi à inclure ma photo cette fois:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ramie#/media/File:Boehmeria_nivea_1.jpg


(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1884):  

Il y aurait intérêt, suggère un chroniqueur du Magasin pittoresque en 1884, à introduire dans l’agriculture française des plantes d’une culture facile, et dont les fibres, bien supérieures comme longueur et comme résistance à celles du coton, du chanvre et du lin, se rapprocheraient de la soie par leur souplesse et leur éclat. 

On trouve ces qualités dans plusieurs espèces d’orties, dont les deux principales sont l’Ortie de Chine (Urtica nivea) et la Ramie (Urtica utilis, Urtica tenacissima). Les orties textiles sont vivaces comme celles de nos pays

L’ortie de Chine ou ortie blanche appartient aux climats tempérés et convient, par conséquent, à la plus grande partie de la France : elle pousse très vigoureusement et peut donner deux et même trois coupes dans une année. La ramie, originaire des îles de la Sonde, se cultive à Java, à Sumatra et dans les provinces méridionales de la Chine. On pourrait l’acclimater dans le midi de la France. Sa puissance de végétation est encore supérieure à celle de l’ortie blanche, et l’on en tire souvent quatre récoltes par an. Il paraît, en outre, que ses feuilles nourrissent un ver particulier qui donne une fort belle soie. 

Les fibres textiles des orties sont fort longs (plus de 50 centimètres), et d’une ténacité telle qu’un fil d’ortie de la grosseur d’un fil à coudre ordinaire ne peut être cassé à la main. Elles sont remarquables par un éclat et un brillant qui donnent aux tissus en fil d’ortie l’apparence d’étoffes de soie. Beaucoup de voyageurs ont pris en effet pour des vêtements de soie les robes inusables que les Chinois se transmettent en héritage, et qu’ils fabriquent avec l’ortie.

La culture des orties textiles ne présente aucune difficulté. Elles se multiplient très aisément par le semis, par le bouturage ou le marcottage, par la division des pieds, et surtout par la section des racines souterraines ou rhizomes en morceaux de 4 à 5 centimètres de long. Bien qu’elles exigent des climats différents, l’ortie blanche et la ramie préfèrent les terres légères, mais riches, fraîches sans être marécageuses. Un léger ombrage leur est favorable. Résistant très bien à la sécheresse, elles acquièrent par des irrigations une taille plus considérable.


La décortication des tiges d’ortie peut se faire par des procédés mécaniques, sans rouissage préalable, à la condition que les tiges aient été desséchées. Mais ce résultat ne saurait être obtenu en toute saison : il faut pour cela des conditions climatiques spéciales ; et l’on s’exposerait à voir pourrir une récolte, faute d’un temps favorable à sa dessiccation.



De nos jours, une entreprise située aux Pays Bas, a eu l’idée de fabriquer des vêtements à base d’ortie puisqu’elle pousse très bien en Europe et demande peu d’eau et une entreprise française s’apprête à commercialiser ses premiers jeans 100% ortie.

L’ortie possède des fibres longues et creuses, ce qui leur confère des propriétés naturellement isolantes. Le tissu obtenu est solide, fin, doux, avec une élasticité naturelle.


Au Népal les communautés indigènes Kulung utilisent ces fibres pour fabriquer des sacs, des cordages, filets de pêche.. pour une utilisation à la maison ou au troc. Aucun traitement chimique dans tout le processus de fabrication :


Le traitement de la fibre d'ortie consiste à extraire l'écorce interne fibreuse, puis la faire sécher au soleil pendant quelques jours. Elle est ensuite bouillie dans un mélange d'eau et de cendre. Après nettoyage, les villageois appliquent de l'argile et de la chaux pour lubrifier le fil et rendre sa séparation plus facile. A nouveau, les fibres sont séchées. Enfin, après battage, l'argile est retirée et les fibres sont prêtes pour la filature.

Elle sont ensuite tissées ou tricotées