Genèvrier Juniperus communis

Genèvrier Juniperus communis

par Manon MOURET,
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Le Genèvrier commun Juniperus communis, est un arbuste touffu et épineux qui peut atteindre jusqu’a 5 ou 6 m de haut et peut monter en altitude jusqu’a 3000m. 

Ses feuilles sont en aiguilles, très étroites, se terminant en pointes acérées. D’un vert bleuâtre, elles présentent sur toute la longueur de la face supérieure une seule bande blanche. 

Ses cônes sont charnus, en boules et évoque des fruits, ils sont d’abords verts puis deviennent bleus marine foncé au bout de deux ans et sont recouverts d’une cire brillante. 

Le genévrier commun se distingue du genévrier cade (Juniperus oxycedrus) par ses aiguilles n'ayant qu'une seule large bande blanche (alors que les aiguilles du cade ont deux bandes parallèles plus étroites), et par des fruits plus petits et plus sombres. 

Les cônes sont comestibles et constituent un condiment très apprécié, notamment dans la choucroute et les pâtés, et entrent dans la recette de certains plats de gibier ou viandes grasses, notamment en raison de leurs propriétés digestives.. Leur gout est aromatique et sucré.


On appelle également genièvre une eau-de-vie (appelée peket en wallon) proche du gin britannique que l'on parfume comme cette dernière à l'aide de ces baies. Ces dernières entrent aussi dans la composition du gin, du sahti scandinave, du borovička d'Europe centrale ou de l'aquavit.

Pour utiliser le calcium, les Navajos brûlent les branches pour manger la cendre riche en calcium.

Dans toutes les Alpes on faisait couramment un estre de genièvre (extrait de genièvre). Il donnait beaucoup de travail au cours du mois de décembre. Les graines étaient cuites à l'eau puis pressées avec une presse puissante. Détail des opérations :Les graines noires sont récoltées en automne jusqu'en novembre, alors qu'elles ont subi plusieurs fois le gel. La récolte se fait souvent avec un bâton en ayant mis un drap au pied et rarement baie par baie.Cette pratique de battre l'arbuste conduit à avoir une récolte mélangée d'épines. On est donc obligé de trier : sur une table on utilise une planchette légèrement bordée et inclinée à environ 20° pour les séparer. Elles sont alors lavées, puis cuites en ayant été recouvertes d'eau par une ébullition douce et lente pendant 5 heures. Elles sont rassemblées dans un sac de toile très solide puis enfin, dans la foulée, mises sous presse assez longtemps (au moins 15 minutes). Pour finir, le jus est réduit (concentration par ébullition lentement sans faire coller) jusqu'à obtenir une pâte noire de la consistance d'un miel liquide, qu'on met en pot. On peut ajouter du sucre (ce que ne faisaient pas les Anciens).

Cet estre se conservait très longtemps. Il s'utilisait dans du lait chaud, sur des tartines avec un peu de crème fraîche, ou comme sucre doté d'un goût particulier.

Le genèvrier possède également de nombreuses propriétés médicinales : 

Hyppocrate protégea la population d’Athènes de épidémie de peste et de choléra en faisant bruler du genévrier dans les rues et les maisons. 

Arrosée de sel une branche permettait de soigner les rhumatismes en se frictionnant avec. 

Le genèvrier est diurétique principalement grâce à un terpène contenu dans son huile essentielle, il permet d'augmenter le volume des urines, ce qui le rend utile contre les oedèmes et les rétentions d'eau. 

Les flavonoïdes qu'il contient lui confère des propriétés anti-inflammatoires, il permet donc de soulager l'arthrite, les rhumatismes et les douleurs articulaires. 

En médecine traditionnelle les baies sont utilisées pour faciliter la digestion, lutter contre la sensation de ballonnement, les nausées, les reflux gastriques et le manque d'appétit. 

Traditionnellement l'huile essentielle est utilisée en massage pour soulager les douleurs rhumatismales, les dorsalgies et les tensions musculaires. 

On utilise principalement ses baies, en décoction ou en teinture mère. 

Attention tout de même, il est déconseillé chez la femme enceinte ou allaitante, et il ne faut pas en faire un usage prolongé (pas plus de 10 jours consécutifs) en raison d'un risque d'irritation des reins. 

lien e-flore : https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-36777-synthese