- D'après l'étude du docteur Henri MARC - 1980 -
« Il s’agit là d’une industrie locale et familiale très ancienne. Dans l’Antiquité les Grecs et les Romains utilisaient les fibres des rameaux coriaces presque sans feuilles, rappelant les joncs, du sympathique genêt à balais, illuminant de l’or pur de sa floraison les collines calcaires et les " ruffes " sanguines.
L’héritage ancestral se perpétua, et, dans le but d’obtenir des ramures plus longues, le genêt, arbuste sauvage par excellence, fut discipliné et cultivé. En 1829, Lunas comptait ainsi six "genestières " en exploitation.
Récoltées après la floraison, les tiges, ficelées en petits paquets minutieusement exécutés, étaient alors déposées sur les rives du Gravezon dans de grands ronds délimités par des pierres de rivière, appelés « couadous » (du romain coador et du bas-latin cubatorium qui signifient "couvoir"). Une couche de paquets de tiges y alternait avec une couche de feuilles de fougères. Pendant un mois, l’arrosage quotidien du « couadou », assurait l’opération de rouissage permettant d’isoler les fibres textiles grâce à la fermentation butyrique produite par le Bacillus amylobacter.
Le rouissage terminé, les paquets de tiges étaient frappés, écrasés, démantelés, jusqu’à l’obtention d’une espèce de filasse de chanvre, qui, recueillie sur un fuseau ou une quenouille, était filée au rouet.
Le fil obtenu se voyait alors confié aux tisserands locaux (les derniers ayant été GAYRAUD et ROUVIERE) qui livraient un genre d’étoffe rugueuse mais très solide, utilisée pour la confection des draps de lits. Les fils les plus fins étaient toutefois destinés à un autre usage et la toile obtenue par leur tissage servait à la confection de chemises de femmes.
Cette antique et rustique industrie artisanale a disparu depuis la fin du XIXème siècle. »
souce : https://www.amisdelunas.fr/histoire-contemporaine/metiers-anciens/draps-genet.htm