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Le pastel,
plante tinctoriale qui a marqué l'histoire, demeure l'une
des sources de bleu les plus utilisées en Europe depuis
le néolithique.
La teinture « bleu pastel » est extraite des feuilles de la plante. En Lauragais, jusqu'au XVIIe siècle,
l'ensemble du processus d'extraction du pigment coloré se déroule sur
environ deux ans.
Les feuilles des rosettes sont récoltées sur les pieds de pastel la 1re année.
Les feuilles récoltées sont lavées, séchées puis broyées pour en exprimer une pulpe.
Après broyage, la pâte de pastel est mise à sécher en tas sous un hangar. Une fois séché et durci, le pastel est écrasé et mis en boule à la main. Ces boules grosses comme le poing sont nommées « coques » ou « cocagnes » dans le Lauragais. Au fur et à mesure de leur fabrication, les cocagnes sont disposées sur des claies pour qu'elles continuent à sécher pendant un à deux mois.La seconde année, quand elles sont bien déshydratées, les coques (nommées alors pastel de Cocagne) sont dures et peuvent servir à la préparation de la matière tinctoriale (ou agranat) utilisée dans les cuves de teinturiers.
- Teinture de cuves pour le pastel
Le pigment colorant indigo (ou indigotine) de l'agranat est insoluble et ne peut être utilisé directement pour teindre en profondeur les fibres de laine ou de coton. Il faut utiliser un procédé dit « de cuve » pour transformer l'indigo en une molécule soluble, par réduction en milieu alcalin (à pH autour de 10). On obtient du leuco-indigo, de couleur jaune verdâtre, qui pourra imprégner les fibres lorsqu'on les plongera dans la teinture. Quand on le retire du bain, le leuco-indigo s'oxyde au contact de l'air et redonne le pigment bleu, insoluble, déposé sur les fibres.