Je voulais évoquer le cotinus ou fustet, plus connu sous le nom d’arbre à perruques car au moment de la floraison, ses pédicelles forment une sorte de chevelure vaporeuse rappelant la forme d’une perruque. Ce bel arbuste, qui résiste bien en terrain calcaire et sec, est présent dans toute la zone méditerranéenne, et il est bien connu dans ma région. Son feuillage à l’automne, dans les tons orange et rouge, est très décoratif. Son usage en teinture a été bien oublié….
Pourtant, le cotinus a été un ingrédient colorant d’importance majeure (du fait de sa haute teneur en flavonoïdes), mais il a été également un adjuvant de teinture car il contient des tanins. Cette plante tinctoriale était utilisée pour son bois, qui, réduit en copeaux, donnait une belle teinture rouge orangée ou jaune, selon qu’il était coupé vivant ou sec. Les couleurs du bois sec étaient réputées plus solides. L’usage de son bois est connu depuis l’Antiquité, et Pline compare le ton que l’on peut en tirer à la pourpre.
Sur le Mont Ventoux et les monts du Vaucluse, cette plante tinctoriale a fait l’objet de cueillettes intensives aux siècles derniers, procurant ainsi un revenu d’appoint non négligeable.
Informations tirées des livres de Michel Garcia, « de la garance au pastel », « plantes colorantes, teintures végétales »

Photographie de Michel Dupuis, dans Pictaflora