![Ulex gallii Planch. [1849] (Ajonc de Le Gall)](https://api.tela-botanica.org/img:000824659CRS.jpg)
Le trèfle en Irlande. Le fuschia à l'Île de Man. L'ajonc en Cornouailles. Le chardon en Écosse et le cennin (mot qui désigne à la fois le poireau et la jonquille) au Pays de Galles. Tous les pays celtiques ont leur plante emblème. Ce n'était pas encore le cas de la Bretagne, reconnue par une figure du monde animal, l'hermine.
L'institu culturel de Bretagne (ICB) a voulu combler ce manque en proposant aux Bretons de se choisir un végétal qui puisse les représenter. « C'est un signe de reconnaissance récupérable par tous, non écrit et universel, hors des discours et qui garde en toutes circonstances son pouvoir de représentation mentale », explique l'ICB.
On recense, en Bretagne plus de 1 500 plantes sauvages ou agricoles, désignées par des milliers de noms, en breton, en gallo ou en français. Auxquelles il faudrait ajouter près de 5 000 plantes décoratives importées. Le choix n'était donc pas simple...
À cette aune, l'ajonc, « Coeur d'or et épine d'acier de la Bretagne », chantait la grande poétesse du Trégor, Anjela Duval, s'imposait sans doute. « Lumineux au soleil, résistant aux éléments et attaché solidement au sol. Symbole de la ténacité des Bretons mais aussi de leur sensibilité » a plaidé un participant au concours, n'oubliant pas d'ajouter... « qui s'y frotte s'y pique ! » Gabriel Rivière, botaniste, auteur de l'atlas La flore du Morbihan, voit à l'ajonc une autre vertu : « Sa fleur a cinq pétales, une par départements bretons ».
Le genre ulex (ajonc en latin) compte une vingtaine d'espèces. Trois variétés sont très présentes en Bretagne : l'ajonc d'Europe, l'ajonc nain (ulex minor) et l'ajonc de Le Gall (ulex gallii en latin, lann vrezhonek en breton). Ce dernier doit son nom au botaniste morbihannais Nicolas Joseph Le Gall (1787-1860) qui l'avait identifié.