Griffes de sorcière versus espèces locales : une compétition inégale pour l’espace
Les griffes de sorcière (Carpobrotus sp.) entrent en compétition pour l'occupation de l'espace avec plusieurs espèces endémiques et locales (comme la Buglosse crépue, la lavande stoechas, la Romulée, Lotus cytisoides …) notamment dans les zone siliceuses soumises aux embruns (ici photos en Corse).
Cette plante a de nombreux traits qui lui permettent de réussir dans cette compétition :
o grande vigueur reproductive : (pour C. edulis) produit de nombreuses graines
o modalités de reproduction variées : reproduction sexuée avec fécondation croisée ou non, reproduction asexuée par la productions de graines génétiquement identiques à la plante mère ou (pour C. acinaciformis) par la production de stolons qui ont une croissance rapide et lui permettent de couvrir rapidement et densément de grandes surfaces, ou par bouturage car chaque morceau de plante transporté par la mer ou les oiseaux est capable de produire des racines pour reformer un individu, puis une colonie (grande vigueur végétative)
o dispersion des graines par les petits mammifères jusqu'à 100 m des individus parents puis par les fourmis, attirés par ses fruits riches en sucre
o résistance au stress hydrique grâce à ses feuilles succulentes
o acidification du sol par la décomposition de ses feuilles, nuisible aux autres espèces
C’est pourquoi dans certaines régions face à cette compétition inégale on procède à des arrachages de Carpobrotus pour préserver les espèces locales menacées.