Orobanche du Lierre

Orobanche du Lierre

par Laurence Lauby Samadoulougou,
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J’ai profité de cette activité pour chercher et découvrir des plantes que je ne connaissais pas avec des relations aux autres bien spécifiques.

J’ai retenu l’exemple des Orobanches,  plus particulièrement l’Orobanche du Lierre: Orobanche hederae, famille des Orobanchaceae. «Le  vrai parasite d’un faux parasite » suivant Zoom nature.fr.  Car l’Orobanche du Lierre, comme son nom l’indique, ne parasite que le lierre ou les aralies (même famille des Orobanchaceaes).


    Première photo eFlora et suivantes Zoom Nature.fr


Orobanche hederae  ne s’identifie pas aisément parmi les 30 espèces d’orobanches connues en France. La présence de lierre ne suffit pas car il peut être parasité par d'autres orobanches. De plus, les orobanches sont capables de développer des racines sur plusieurs mètres pour atteindre leurs hôtes.

 

Suivant les conditions agro climatiques, les formes d’ Orobanche hederae  peuvent varier ; notamment leur couleur, plus ou moins sombre suivant le degré de sécheresse.

Orobanche hederae  est une plante de 10 à 60 cm, poilue, avec une inflorescence en épi. Ses fleurs sont blanchâtres violacées, glabres, zygomorphes. Son fruit est une capsule qui libère des graines très petites.

Les caractères distinctifs de l’Orobanche du Lierre sont le stigmate jaune citron et le rétrécissement de la gorge au niveau de la corolle.

La tige est rougeâtre et renflée en bulbe à la base, les feuilles réduites à des écailles.


Les organes végétatifs ne contiennent pas de chlorophylle …


Ainsi, pour se développer Orobanche hederae  doit ancrer ses racines sur celles de son hôte : c’est un holoparasite qui puise la sève élaborée et la sève brute.

La mise en place de la liaison orobanches/hôte est résumée ci-dessous à partir d’un article du site zoom-nature.fr. sur les orobanches en général.

Pour parasiter une plante, toute plante parasite dispose d’un organe spécifique : l’haustorium. L’haustorium assure la fixation, puis la pénétration et l’invasion de la plante hôte jusqu’au système vasculaire.

Dans le cas des orobanches, on distingue 5 étapes :

1 – La graine, toute petite, dispersée par le vent est d’abord dormante. Cette dormance est levée au printemps à partir d’une certaine température et d’un degré d’humidité suffisant. La forte reprise de l’activité physiologique est accompagnée de la mise en éveil de récepteurs capables de détecter la présence de l’hôte ou non. S’il n’y en a pas, la graine retourne en dormance.

2- La graine a commencé à germer : pour repérer la présence de son hôte de prédilection, elle est capable de détecter des substances chimiques excrétées par ses racines. Parmi celles-ci, les strigolactones qui servent à attirer les microorganismes mutualistes lorsque le milieu n’est pas suffisamment favorable au développement de la plante hôte !! L’orobanche détourne donc, à son avantage, un processus devant initialement favoriser la croissance de son hôte.

3- La plantule se développe, réduite pour le moment à une radicule dont le rayon d’action ne dépasse pas 5 mm. Dès que le contact est établi avec l’hôte, l’haustorium se met en action.

4- L’haustorium développe des cellules dites intrusives avec sécrétion d’enzymes pour dissoudre les parois des cellules hôtes et atteindre, en quelques jours, le réseau vasculaire.

5- Des cellules intrusives de l’orobanche se différencient en cellules conductrices pour se connecter d’une part avec les tubes criblés du phloème (sève élaborée), d’autre part avec les vaisseaux du xylème (sève brute).

Le puits parasitaire est en place pour assurer l’épanouissement de l’orobanche !!!

(Cf. aux références ci-dessous pour des explications plus précises et complètes)

 

Orobanche hederae est une plante qui préfère les sols argileux et plutôt basiques. Elle fleurit de mai à juillet. Les observations des dernières décennies révèlent que, de plante rare, elle est devenue une plante de plus en plus fréquente et ceci, jusque dans les zones urbaines où le lierre est lui-même plus présent.

Les orobanches captent l’attention de nombreux chercheurs : à travers elles, ils cherchent à mieux cerner des mécanismes de parasitisme qui entrainent de lourdes pertes agricoles.

 

Liens utilisés

https://www.zoom-nature.fr/le-vrai-parasite-dun-faux-parasite/

https://www.zoom-nature.fr/lart-de-parasiter-des-racines-en-5-lecons/ qui s’appuie lui-même sur l’article suivant :

Broomrape Weeds. Underground Mechanisms of Parasitism and Associated Strategies for their Control: A Review. Mónica Fernández-Aparicio, Xavier Rebou and Stephanie Gibot-Leclerc. Frontiers in Plant Science. ; Vol. 7 ; Article 135 ; 2016

https://fr.wikipedia.org/wiki/Orobanche_du_lierre

https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-46734-synthese