Il n'y a pas grand espoir de trouver des espèces rares dans les monocultures traitées de la plaine d'Alsace... Focus donc sur les actions des Conservatoires botaniques de l'ancienne région.
En 2014, le Conservatoire botanique d'Alsace et la Société botanique d'Alsace ont livré dans un rapport réalisé selon la méthodologie UICN que 28% des espèces recensées étaient menacées. Histoire de déprimer un peu plus : la directrice du Conservatoire d'Alsace indique que les botanistes sont retournés sur les sites en zone humide étudiés, de 2016 à 2018, et ont constaté une très forte régression de la présence des plantes répertoriées, de 70 à 100 %. Des espèces ont donc probablement disparu entretemps.
Le Conservatoire de Mulhouse, créé par un ancien directeur des espaces verts de la ville, s'est donné pour mission d'identifier, de surveiller et de protéger les espèces locales. Il a pu compter notamment sur les associations botaniques locales sur le terrain, mais aussi sur les archives, dont l'herbier de l'Université de Strasbourg. Il peut se targuer d'avoir sauvegardé la saxifrage "œil-de-bouc", plante des tourbières, avec la direction du Conservatoire de Franche-Comté dont cette plante est indigène, mais aussi l'anémone sylvestre, qui préfère les sols secs. Le souci n'est pas tant la sécheresse (mais elle joue aussi) que le traitement des sols de l'agriculture intensive. La directrice du Conservatoire d'Alsace souligne la présence de deux taxons qui sont présents uniquement en Alsace centrale : le sélin douteux, Kadenia
dubia, et l'ail odorant, Allium suaveolens, qui préfèrent les sols pauvres non fertilisés. La véronique à longue feuille, Veronica longifolia, est une autre espèce qui régresse en France et dont quelques poches restent dans la région.
Sources : Article du blog de l'ANAB - Association Nature Alsace Bossue, 29 janvier 2019
Interview de la directrice du Conservatoire botanique de Mulhouse, magazine Hortus Focus, 6 décembre 2019