Comme beaucoup d’orchidées, le Sabot de Vénus (Cypripedium calceolus L.) est connoté comme « rare », mais vers chez moi, dans les massifs calcaires de Chartreuse et du Vercors, on peut en trouver beaucoup, pour peu qu’on veuille marcher au moins une heure ou deux pour les trouver (ci-dessous photo prise sous le Mont Aiguille dans le Vercors). Alors quel est donc son statut ?
Niveau mondial - la Liste rouge des espèces menacées du monde sur le site de l’UICN place Cypripedium calceolus L. (en anglais : Lady’s Slipper Orchid) comme LC, « Least Concern », c’est-à-dire « Préoccupation mineure » avec une population dite stable. Elle n’est donc pas dans la catégorie vulnérable.
Niveau national - La Liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire français métropolitain publiée en 1982 (dernière modification 2013) place Cypripedium calceolus L. dans son annexe 1, dont il est dit dans son Article 1 : « Afin de prévenir la disparition d'espèces végétales menacées et de permettre la conservation des biotopes correspondants, sont interdits, en tout temps et sur tout le territoire métropolitain, la destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement, le colportage, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat de tout ou partie des spécimens sauvages des espèces citées à l'annexe I du présent arrêté. » Il ne faut donc pas la toucher !
Niveau régional – La Liste rouge de la flore vasculaire de Rhône-Alpes ne contient pas Cypripedium calceolus L. Mais, dans l'introduction à la liste, une remarque intéressante nous explique pourquoi :
Plus de 70 % des taxons protégés aux niveaux européen, national ou régional présents en Rhône-Alpes sont jugés menacés ou quasi menacés. Les taxons protégés aux niveaux européen et national qui ne sont pas menacés en Rhône-Alpes correspondent, pour partie, à des taxons relativement rares et en déclin à ces échelles, mais encore bien représentés en région Rhône-Alpes. C’est le cas par exemple du Sabot de Vénus (Cypripedium calceolus L.). Pour ces taxons, la région a donc une responsabilité particulière en termes de conservation.
Et voilà, même si on a la chance d’en voir de jolies touffes, il faut la protéger : ne pas la cueillir, ne pas l’arracher et ne pas dégrader son habitat !
