Bonjour,
Un certain nombre de plantes bisannuelles sont en effet susceptibles de vivre un peu plus longtemps en fonction des aléas climatiques ou de capacités propres à tel ou tel individu, voire population.
Certaines espèces sont parfois qualifiées de pérennantes, c'est à dire que leurs représentants vivent classiquement plus de deux ans mais sans être très longévifs pour autant.
Dans sa "Grande Flore en couleurs", Gaston Bonnier dit de Verbascum thapsus : " C'est une plante pluriannuelle, c'est à dire qui peut vivre plusieurs années, mais qui est souvent bisannuelle ou même annuelle dans les terres fertiles...". Coste la donne comme bisannuelle sans plus de détail. Pour Fournier, dans son Dictionnaire des plantes médicinales et annuelles de France : "elle vit normalement deux ans". Enfin, la Flore de la méditerranée continentale, récente (2014) la qualifie de vivace monocarpique (de mono, un et carpos, fruit), c'est à dire ne survivant pas après sa fructification, en tous cas sur le territoire considéré.
Quant à changer de catégorie au fil du temps et des générations, il n'y aucun doute là dessus. De nombreux genres (au sens botanique) sont constitués d'espèces annuelles et d'espèces pérennes. Or, pour faire simple, toutes les espèces d'un même genre dérivent d'une unique espèce ancestrale commune. A partir de cet ancêtre commun (imaginons le par exemple, annuel) il y a eu évolution en plusieurs espèces qui sont aujourd'hui soit annuelles, ayant conservé ce caractère de leur ancêtre, soit vivaces (ce caractère ayant pu apparaître chez l'espèce que nous observons aujourd'hui ou chez une espèce ancestrale, déjà dérivée de l'ancêtre commun, mais qui n'existe plus aujourd'hui).
Dans le vivant, l'évolution est permanente et peut toucher de très nombreux caractères. Le problème est que nous sommes parfois bien en mal de mesurer les changement de tous les caractères, quoi que les analyses génomiques permettent d'y voir plus clair aujourd'hui qu'il y a quelques décennies seulement.
Cordialement
JPierre