Dans quelle mesure une plante peut-elle se soigner? Peut-elle developper des "anticorps" pour se soigner ou confiner la maladie?
Merci
Dans quelle mesure une plante peut-elle se soigner? Peut-elle developper des "anticorps" pour se soigner ou confiner la maladie?
Merci
Bonsoir
Les chercheurs décrivent peu à peu les processus physiologiques assez complexes qui sont induits le contact entre des cellules végétales et des molécules produites par un insecte ou un champignon (notez que normalement, lorsqu’un insecte marche sur une feuille il n'est pas en contact avec les cellules de la plantes, il marche sur la cuticule, quant au champignon il faut qu'il atteigne membrane plasmique des cellules (s'il est seulement au contact des parois pecto-cellulosiques cela ne suffit pas forcément). Il a ensuite des chaines de réactions qui peuvent conduire à une modification de la paroi cellulaire, une synthèse de composée chimique (dites forme actives de l'oxygène), à l'expression de certains gènes et donc de certains protéines ou autres molécules, voir à une lyse (mort) des cellules en contact avec l'insecte ou le champignon. C'est un domaine qui se développent en particulier du fait des réglementation réduisant l'usage de pesticides, et donc impliquant la recherche de stimulateurs naturels de défenses des plantes (pour des éléments plus précis, voyez ici http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/documents/pdf/aa95web_p23-26_cle854877.pdf )
cordialement
Valéry Malécot
Bonjour,
Merci de votre reponse.
Dans le meme ordre d'idee, une plante attaquee par un insecte/champignon, en mesure de reagir, peut-elle aussi "avertir" ses congeneres pour qu'elles se preparent a une eventuelle invasion? Je ne sais pas, en emettant par exemple, une odeur particuliere ou des vibrations, les plantes alentour comprendraient qu'il y a un danger.... en fait, les plantes parviennent-elles a communiquer ou plutot, sait-on comment elles communiquent?
Merci
Bonjour
L'expression "communication" chez les végétaux est ambigüe, il faut l'envisager comme la communication entre cellules (avec une cellule émettrice d'un signal suite à un stimulus, et une cellule réceptrice qui peut ensuite modifier certains processus cellulaires) et surtout pas comme la communication entre individus (situations dans la quel il est possible d'avoir des interactions).
Le cas "classique" de transmission d'un signal entre individus d'une même espèce végétale est le cas des Acacia en Afrique du Sud. Les individus broutés par les gazelles émettent de l'éthylène qui dérive des réactions de défenses décrites précédemment et qui induit des modifications d’appétence de leur feuillage, mais aussi, puisque l'éthylène est volatil, du feuillage des individus voisins qui sont sous le vent. Dans un ordre d'idée similaires, certains molécules émises durant le processus de défense d'une plante, sont des molécules qui sont reconnues par des insectes auxiliaires (des insectes qui consomment "l'agresseur de la plante"). Dans une forme de sensationnalisme certains auteurs parlent alors de "plantes qui communiquent avec les animaux". D'autres expériences montrent des échanges via les mycorhizes du sol. Mais, a ma connaissance, dans aucun cas il n'y a d'interaction, par exemple un Acacia qui, une fois qu'il a réceptionné l'éthylène du premier Acacia brouté, émettrait une molécule pour """dire""" "merci" ou "je suis prêt"
En effet, dans tous ces exemples il n'y a pas d’intentionnalité juste une série de réactions à l'échelle moléculaire, conduisant à des modifications d'ordre biochimique (production de composés chimiques ...), et la présence de ces composés à des conséquences sur la survie des individus. Ces sont des phénomènes dérivant directement de processus évolutif (l'individu qui émet ces composés a une durée de vie plus longue, plus de descendants et progressivement, au cours des générations, ce caractère se répand dans la population, tant qu'il apporte ce "succès évolutif").
Dans tous les cas ce sujet est difficile à aborder car très rapidement une forme d'anthropomorphisme peut survenir, cherchant dans les plantes des structures comme le cerveau, ou exprimant une forme d’intentionnalité dans ces processus. En plus du livre de Jacques Tassin, essayer de consulter l'ouvrage de Catherine Lenne : "Dans la peau d'une plante".
cordialement
Valéry Malécot