Bonjour
L'expression "communication" chez les végétaux est ambigüe, il faut l'envisager comme la communication entre cellules (avec une cellule émettrice d'un signal suite à un stimulus, et une cellule réceptrice qui peut ensuite modifier certains processus cellulaires) et surtout pas comme la communication entre individus (situations dans la quel il est possible d'avoir des interactions).
Le cas "classique" de transmission d'un signal entre individus d'une même espèce végétale est le cas des Acacia en Afrique du Sud. Les individus broutés par les gazelles émettent de l'éthylène qui dérive des réactions de défenses décrites précédemment et qui induit des modifications d’appétence de leur feuillage, mais aussi, puisque l'éthylène est volatil, du feuillage des individus voisins qui sont sous le vent. Dans un ordre d'idée similaires, certains molécules émises durant le processus de défense d'une plante, sont des molécules qui sont reconnues par des insectes auxiliaires (des insectes qui consomment "l'agresseur de la plante"). Dans une forme de sensationnalisme certains auteurs parlent alors de "plantes qui communiquent avec les animaux". D'autres expériences montrent des échanges via les mycorhizes du sol. Mais, a ma connaissance, dans aucun cas il n'y a d'interaction, par exemple un Acacia qui, une fois qu'il a réceptionné l'éthylène du premier Acacia brouté, émettrait une molécule pour """dire""" "merci" ou "je suis prêt"
En effet, dans tous ces exemples il n'y a pas d’intentionnalité juste une série de réactions à l'échelle moléculaire, conduisant à des modifications d'ordre biochimique (production de composés chimiques ...), et la présence de ces composés à des conséquences sur la survie des individus. Ces sont des phénomènes dérivant directement de processus évolutif (l'individu qui émet ces composés a une durée de vie plus longue, plus de descendants et progressivement, au cours des générations, ce caractère se répand dans la population, tant qu'il apporte ce "succès évolutif").
Dans tous les cas ce sujet est difficile à aborder car très rapidement une forme d'anthropomorphisme peut survenir, cherchant dans les plantes des structures comme le cerveau, ou exprimant une forme d’intentionnalité dans ces processus. En plus du livre de Jacques Tassin, essayer de consulter l'ouvrage de Catherine Lenne : "Dans la peau d'une plante".
cordialement
Valéry Malécot