Le figuier et le blastophage : une histoire de symbiose !

Le figuier et le blastophage : une histoire de symbiose !

par Utilisateur supprimé,
Nombre de réponses : 0

LE FIGUIER

Ficus Carica

Famille des Moraceae


Largement cultivés, les figuiers se rencontrent aussi naturalisés dans tous les endroits incultes comme les ruines, les haies ou les garrigues. J'habite un mas provençal ; ils poussent naturellement entre les murs de la maison et la dalle extérieure !

Les oiseaux jouent un rôle important dans leur propagation en transportant les graines après avoir consommé les figues.

Toutes les parties de la plante contiennent un latex blanc et irritant.

Les figuiers ont des fleurs : elles sont bien cachées à l'intérieur de la figue. De sexes séparés, les fleurs femelles tapissent toute la paroi interne de la figue tandis que les fleurs mâles sont à proximité de l'ostiole (ouverture de la figue).

Au départ, la figue n'est pas un fruit mais une inflorescence (appelée sycone) qui se transforme, après fécondation, en une infrutescence à l'intérieur de laquelle se trouvent les fruits, les akènes.

La pollenisation du figuier sauvage ou caprifiguier, une parfaite symbiose !

On reconnaît les caprifiguiers, l’hiver, à la présence de nombreuses figues déjà formées au bout des rameaux. Elles sont vertes, spongieuses, sèches à l’intérieur et tombent sans jamais parvenir à maturité. Ces figues ne sont pas comestibles. Elles abritent durant l’hiver le blastophage, Blastophaga psenes L., un insecte responsable de leur pollinisation.

Le figuier ne peut être pollenisé que par le blastophage et le blastophage ne peut se reproduire en dehors des fructifications du figuier : aucun des deux n’existerait sans l’autre.

Parasitées par des blastophages arrivés au printemps, les fleurs femelles servent ainsi de couveuse à une nouvelle génération de blastophage qui ne tardera pas à éclore. S’en suit l’accouplement des jeunes blastophages à l’intérieur de la figue… Le destin des mâles, dépourvus d’aile, s’arrêtera là, tandis que les femelles fécondées prendront leur envol vers la mi-juillet vers un nouveau lieu de ponte. Pour s’échapper de la figue par l’ostiole elles devront passer à travers un tapis de fleurs mâles, alors fertiles, se badigeonnant ainsi les ailes de pollen.

La suite se passe chez le figuier domestique : les figues fleurs sont parthénocarpiques (elles mûrissent sans avoir besoin de pollinisation). Les figues d’automne accueillent mi juillet les blastophages tout juste sortis des figues sauvages. Ils s’y précipitent pour pondre dans les fleurs femelles. C’était sans compter le génie de la nature… En effet les fleurs femelles du figuier domestique ont un style long (<1mm), trop long pour que le blastophage ponde dans la fleur… Le résultat ? Les figues ne sont pas parasitées et la fécondation des fleurs est assurée par le blastophage, arrivé couvert du pollen des fleurs du figuier sauvage dans lequel il était précédemment...

Quelle histoire !