Elle est certainement « la plante emblématique de l’Auvergne et de tout
le Massif central. Celle qui se détache sur les cimes des puys et
volcans endormis comme sur les cartes postales et posters des paysages
du Sancy au puy Mary.
Emblématique… et endémique, la gentiane est vraiment chez elle dans le
Massif central, où elle s’épanouit idéalement à plus de 1.000 mètres
d’altitude en zone volcanique. Cueillie à l’état sauvage en Auvergne,
elle présenterait d’ailleurs quelques différences et originalités par
rapport à sa «sœur » des Alpes, des Pyrénées ou du Jura. Une
coquetterie, pour cette belle plante qu’est la Gentiana lutea, celle que
l’on surnomme « la fée jaune » Une acclimatation, plutôt, et un
écotype à part.
Parmi les différentes sous-espèces de gentiana lutea, celle du Massif
central (dite Gentiana lutea lutea) a un port moins élevé que celui de
la gentiane des Alpes (hampe plus courte et entre nœuds resserrés), des
feuilles moins larges et d’un vert très pâle.
Contrairement à l’écotype des Alpes considéré comme calcicole, la
gentiane du Massif central se développe sur des sols volcaniques et
granitiques plutôt acides. Endémique, sauvage, robuste, bien acclimatée à
son environnement, la gentiane auvergnate n’en est pas moins une
ressource fragile, sur laquelle il convient de se pencher et à
protéger.