Bonjour à tous,
Comme dans la rubrique précédente ("paparazzi"), je n'ai pu télécharger mes propres photos, qui font plus de 2 Mo chacune... Je ne sache pas qu'on puisse modifier le poids des photos faites par son appareil ? Bon... mon incompétence en technique photographique ici éclate... Du coup, plutôt que de chercher encore une photo sur Internet, je préfère afficher une magnifique toile de Monet, qui représente une prairie fleurie, telle qu'on en voyait encore communément à la fin du XIXe siècle... De ces prairies qui ont radicalement disparu de l'Ouest de la France par exemple en raison de l'intensification de l'agriculture, qui dévaste nos paysages et anéantit leur biodiversité... Mais revenons à la peinture du grand Impressionniste ; on y voit une palette diversifiée de couleurs florales : rouges, jaunes, bleus, violets, verts... Peut-être des coquelicots, bleuets, nielles des blés, chrysanthèmes des moissons, mufliers des champs, marguerites, boutons d'or, pieds d'alouette, trèfles violets... ?
Et dans le fond de la toile, peut-être, un champ de moutarde ou colza ? colza qui, au XIXe s., si l'on en croit le romancier Guy de Maupassant, poussait bien plus tard en saison que l'actuel colza, qui fleurit en mars-avril dans les campagnes normandes : « Des deux côtés de la
route, la campagne verte se déroulait. Les colzas en fleur mettaient de place
en place une grande nappe jaune ondulante d’où s’élevait une saine et puissante
odeur, une odeur pénétrante et douce portée très loin par le vent. Dans les
seigles déjà grands, des bleuets montraient leurs petites têtes azurées
que les femmes voulaient cueillir, mais M. Rivet refusa d’arrêter. Puis
parfois, un champ tout entier semblait arrosé de sang tant les coquelicots l’avaient
envahi. Et au milieu de ces plaines colorées ainsi par les fleurs de
la terre, la carriole, qui paraissait porter elle-même un
bouquet de fleurs aux teintes plus ardentes, passait au trot du cheval blanc,
disparaissait derrière les grands arbres d’une ferme, pour reparaître au bout
du feuillage et promener de nouveau à travers les récoltes jaunes et vertes,
piquées de rouge
ou de bleu, cette éclatante charretée de femmes qui fuyait sous
le soleil. » La Maison Tellier, 1881, Guy de Maupassant.