Ranunculaceae, de nombreuses interactions biologiques

Ranunculaceae, de nombreuses interactions biologiques

par Camille Simonetti,
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Dans la vidéo concernant les interactions et la reproduction, Marc-André Selosse aborde le sujet de la renoncule (probablement la renoncule rampante, Ranunculus repens). Il nous dit que cette plante a la particularité de posséder de nombreuses étamines qui assurent suffisamment de pollen pour nourrir les insectes et être disséminée par la même occasion par ceux-ci. On parle donc ici de mutualisme plante-insecte

Pour aller plus loin, cette plante adopte la zoochorie comme mode de dispersion de ses graines, c'est-à-dire que ses graines se dispersent sur le pelage ou le plumage des animaux. Pour le coup on ne parle plus ici de mutualisme, mais plutôt de commensalisme (seule la plante en tire des bénéfices sont effets négatifs pour les animaux). En parlant de commensalisme, nous pouvons d'ailleurs dire qu'il existe une interaction de ce type avec l'humain : en effet, la renoncule rampante possède un caractère indicateur du type de sol sur lequel elle pousse, et indique entre autres une forte hydromorphie du sol. Dans l'autre sens, l'humain disperse ses graines via le transport de foin, on parle alors d'anthropochorie.

Ranunculus repens se défend des herbivores de manière chimique. En effet, cette plante présente un goût acre de sorte que le bétail évite de la manger. De plus, elle est toxique lorsqu'elle est consommée fraîche : elle contient de la renonculoside (ou renonculine ?) qui dissuade fortement. De plus, sa sève ferait des cloques au contact avec la peau ! Cependant, une fois sèche, la plante perd de sa toxicité, ce qui n'affecte donc pas le bétail mangeant du foin. 

Pour finir, nous pouvons dire que cette plante possède des interactions de parasitisme, ou tout du moins entre en compétition avec les autres plantes. Elle est envahissante, colonisant l'espace grâce à ses stolons. Très gourmande en azote, elle entrerait en compétition pour cette ressource du sol et ralentirait la croissance des autres plantes à proximité. J'ai donc choisi le terme de parasitisme plutôt que antagonisme, bien que j'ai eu du mal à me décider... Je pense que la plante retire des bénéfices de cette compétition en dépend des autres plantes car elle peut se développer et assurer sa survie. Cependant, j'ai cru lire que cette compétition, bien que bénéfique à terme pour la plante "gagnante" lui coûte beaucoup d'énergie et de ressource, donc on parlerait d'antagonisme... En tout cas, elle est considérée comme nuisible pour les cultures humaines.

Le lien de sa fiche sur eFlore : https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-55340-synthese