
Ce chardon de bérard ne présente pas de particularité par rapport à sa morphologie particulière. C'est pour moi sa rencontre qui est extraordinaire, sa permanence, sa résistance, son adaptation, et le sentiment que sa croissance s'est comme arrêtée pour résister à son milieu particulièrement difficile. je l'ai identifié des années après l'avoir croisé, année après année en bordure du Mercantour, près du plateau de Pissenlair (çà ne s'invente pas), sur la commune de Thorame Haute. Je voyais cette plante d'un vert grisâtre sans grand intérêt quand la fleur n'est pas là, mais qui présentait une adaptation extraordinaire à son milieu, une formation marno-calcaire en croupe, battue par les vents, soumise à une érosion hyrique forte, exposée au soleil brûlant de l'été et aux neiges hivernales à plus de 2000 m. Seuls quelques individus subsistent. C'est finalement assez récemment que j'ai reconnu sa rareté.