Il existe de nombreuses garances groupées au sein de la famille des Rubiacées. Deux se retrouvent dans le département du Vaucluse : la garance voyageuse (Rubia peregrina) de peu de valeur tinctoriale et la garance tinctoriale (Rubia tinctorum) dont la culture due à l'Arménie Jean Althen fit la fortune du département du Vaucluse. Jean Althen, de son vrai nom Johannes Altounian, né en 1709 ou 1712, est sujet arménien, échappé des geôles turques. Il trouve refuge à Marseille en 1736. C'est à Avignon qu'il remarque des plants de garance sauvage et l'idée lui vint de cultiver cette plante très prisée par les Ottomans. Il fait quelques expériences sur des terres prêtées par Mme Clausonnette qui sont positives. Fort de son succès, il présente cette poudre colorante notamment au marquis de Caumont qui voit tout l'intérêt de cette plante, de sa culture et de son industrie et le Vaucluse devient le premier producteur de garance en France mais aussi en Europe. Althen meurt en 1774 mais l'histoire de la garance lui survit. Les techniques de purification de la poudre sont de + en + pointues et l'alizarine, elle, est de plus en plus manipulée chimiquement pour un rendu optimal.
La garance vauclusienne est la plus demandée car les couleurs sont les plus vives et réservées aux travaux les plus prestigieux. Ce succès phénoménal devait bientôt s'arrêter en 1868 lorsque 2 chimistes allemands, Carl Graecke et Karl Liebermann réussirent à synthétiser le produit tinctorial de la garance, l'alizarine.
La facilité d'obtention et le coût peu élevé de ce produit ruina complètement l'agriculture et l'industrie de la région.