La ramie (également appelée « ortie de Chine »), Boehmeria nivea (L.) Gaudich. est une plante textile de la famille des orties dont la fibre est utilisée pour la production artisanale. Elle est considérée comme la plus longue des fibre à textile (60 à 250 mm de long). 6 000 ans d'utilisation en font l'une des plus anciennes plantes textiles et papiers utilisées.
Les fibres extraites des tiges de la ramie sont constituées d’une cellulose de très bonne qualité ; un fil de ramie de la grosseur d’un fil à coudre ne peut pas être cassé à la main ; ces fibres, très solides, imputrescibles et brillantes ont valu aux tissus qui en résultent le surnom de soie végétale.
En Europe, cette fibre végétale sert à fabriquer des étamines (des toiles très fines), du fil de couture industriel, des filets de pêche et des tissus pour l'ameublement.
Aussi, les fibres de ramie sont aussi présentes dans les billets de banque auxquels elles donnent un « craquant » particulier et une bonne tenue ; elles sont aussi utilisées pour fabriquer du papier à cigarettes.
Pour approfondir :
La plante et sa culture
La ramie est une dicotylédone appartenant à l’ordre
des rosales, de la famille des urticacées, genre Boehmeria.
C’est une ortie non urticante, ce qui rend son maniement
facile. Plusieurs espèces sont utilisées : B. nivea, ou ortie
blanche, B. tenacissima et B. utilis, deux orties vertes. La ramie
est une plante vivace, de 1,5 à 4 m de hauteur, formée
à partir de rhizomes ou tiges souterraines qui donnent
naissance à des touffes de tiges portant de larges
feuilles.
Selon les espèces, on cultive la ramie sous les
climats tropicaux ou subtropicaux, particulièrement en Asie (Chine
méridionale dont elle est originaire, Indonésie, Philippines,
Thaïlande, Vietnam), mais aussi au Mexique et au Brésil, en Égypte
et en Afrique du Nord. La plante peut aussi s’adapter à des
climats plus tempérés.
Sa culture ne présente aucune
difficulté. Elle se multiplie facilement par semis, bouturage,
marcottage ou division du rhizome. La terre doit être légère et
riche, fraîche mais non marécageuse. C’est une plante qui aime
l’ombre mais qui supporte très bien la sécheresse. En conditions
favorables, elle donne plusieurs récoltes par an (de 2 à 5), la
production pouvant atteindre 300 tonnes à l’hectare.
La plante, localisation et caractéristiques
Les fibres de ramie sont localisées en périphérie de
la tige, entre l’écorce et les tissus conducteurs. Comme pour
le lin et le chanvre, ce sont des fibres périphloémiennes et
intraphloémiennes, qui sont
groupées en faisceaux. Les fibres élémentaires sont
longues (de 3 à 17 cm) et fines (20 à 50 um de diamètre). Ces
cellules sont mortes à maturité et présentent la même structure
que celle des fibres de lin et de chanvre : paroi primaire fine
élaborée pendant la croissance, paroi secondaire épaisse et
tripartite, fortement cellulosique (> 80 %), mise en place
pendant la phase de remplissage.
Les microfibrilles de
cellulose ont une cristallinité élevée. Les fibres sont
unies entre elles par une lamelle moyenne de nature pectique.
Elles sont dépourvues de lignines.
Les fibres de ramie
sont remarquables par leur brillance qui leur donne un aspect
lustré comparable à la soie. Constituées de cellulose très
cristalline, elles sont aussi très résistantes. Ce sont les fibres
naturelles qui présentent le rapport ténacité/finesse le plus
élevé; la charge spécifique de rupture est remarquable (70 à
80 cN/tex contre 55 à 60 cN/tex pour le lin et 25 à 45cN/tex pour
le coton). Elles montrent une grande résistance au pourrissement
et elles présentent aussi une bonne capacité à absorber
l’humidité (de 6 à 12% d’hygroscopie sous 65% d’humidité)
et à prendre les teintures.
De la plante à la fibre
L’extraction des fibres à partir des tissus de la tige de ramie est difficile, ce qui a longtemps ralenti son développement commercial. Après un dépelliculage, qui consiste à enlever la partie la plus externe de la tige, il faut procéder à un décorticage et un dégommage poussés. Le décorticage de la matière encore verte ou desséchée s’effectue soit à la main, dans les pays asiatiques où la main-d’œuvre est bon marché, soit par une décortiqueuse mécanique. Le rouissage, tel qu’on le pratique pour le lin ou le chanvre, est une opération difficile, car il demande à la fois des conditions climatiques particulières et le plus grand soin, sans lequel les fibres risquent d’être altérées. Actuellement, un procédé en vase clos, où les tiges sont soumises à l’action de la vapeur ou de l’air chaud, permet de séparer rapidement la chènevotte de l’écorce contenant les fibres qui sont aisément dissociables. Le dégommage permet d’isoler complètement les faisceaux de fibres et d’éliminer les pectines. Il s’effectue industriellement en autoclave, dans l’eau bouillante additionnée de soude ou de savon alcalin. Ces procédés permettent d’obtenir les fibres dans leur longueur, en conservant leur solidité et leur éclat. Après blanchiment, elles apparaissent très blanches et lustrées.
Utilisations et débouches
Les fibres de ramie peuvent être transformées en fils ou
cordages, remarquables pour leur solidité. Les fils à
coudre peuvent être utilisés pour la maroquinerie, la
confection des chaussures, mais aussi pour la confection de filets
et de dentelles. Après tissage et teinture, ils sont employés
à la fabrication de linge de maison ou à la confection
d’étoffes pour l’habillement ou l’ameublement.
Grâce
à leurs propriétés d’imputrescibilité et d’absorption, les
fibres trouvent un nouveau débouché dans le secteur des textiles
alimentaires : égouttage et affinage des fromages et même du
caviar. Enfin, on les trouve souvent en mélange avec d’autres
fibres naturelles ou chimiques.