Plante : le Lotus
- La fleur de Lotus est sacrée en Asie, notamment dans la culture bouddhiste du Cambodge
- Des vêtements sont tissés de fil de lotus. Au cambodge, une entreprise SAMATOA, s'est spécialisée dans ce domaine : La Lotus Farm de Samatoa. La Lotus Farm a pour objectif de connecter les personnes les plus pauvres du Cambodge avec le marché du luxe, en créant des tissus exclusivement fabriqués « main ».
- Partie de la plante utilisée : Le tissu est créé à partir des tiges de la fleur de lotus. A l'intérieure de la tige se trouve une trentainte de fibres, douces et soyeuses. La technique de tissage est déjà connue en Birmanie.
- Le fil de Lotus se présente comme un intermédiaire entre la soie et le lin. Le procédé est précis et fastidieux. La fabrication d’une veste par exemple, nécessite 4 mètres de tissu, soit 12 000 mètres de fibres et 2 mois de travail pour un fileur. Il ne peut être réalisé qu’à la main, ce qui explique la rareté du tissu.
- La fabrication ne produit pas de déchet c'est la raison pour laquelle on parle de biotextile
- Samatoa www.samatoa.com développe aussi le tissage d’autres plantes comme le bananier et le kapok. Et d’autres fibres naturelles, uniques au monde, devraient également voir le jour au fil des années
- Comment ces parties sont-elles travaillées ?
"Nettoyer soigneusement les tiges (qui mesurent environ un mètre de long) en frottant vigoureusement leur surface dans de l’eau claire.

"La fileuse prend cinq tiges, elle entaille l’une de leurs extrémités, les casse, et fait glisser doucement les tiges de façon à en extraire les fibres. Elle enroule ensuite les fibres sur elles-mêmes de façon à obtenir un fil d’un certain diamètre. Elle continue ensuite avec les cinq tiges suivantes, en veillant bien à entremêler les fibres des nouvelles tiges avec celles qui ont été extraites précédemment, de façon à pouvoir obtenir un fil continu. Il est extrêmement important, pour la qualité du tissage, d’obtenir des fils de diamètre régulier. Ce travail, assez difficile, ne peut apparemment pas être mécanisé. Tous les fils doivent donc être filés manuellement."

Une fileuse produit environ 400 mètres de fil par jour.

Un rouet rudimentaire est ensuite utilisé pour préparer des écheveaux, dont voici quelques échantillons :

Les opérations de teinture et de tissage s’effectuent dans une maison. La teinture est réalisée également de façon artisanale, dans des sceaux contenant de l’eau et le produit tinctorial, dans lesquels sont plongés les écheveaux ou les tissus, chauffés sur des fourneaux rudimentaires utilisant du charbon de bois comme combustible :
Ci-dessous, des écheveaux de fil teint :
Samatoa est surtout connue pour la transformation des fibres de lotus, mais ce dernier n’est pas, et de loin, le seul végétal qui produit des fibres. Samatoa file également des fibres de bananier, de kapokier, etc., et produit même de la soie naturelle (à Battambang).
Ci-dessous, des écheveaux de fils de différentes fibres végétales :
Les écheveaux servent à confectionner les canettes qui sont placées dans les navettes utilisées pour insérer les fils de chaîne entre les fils de trame sur le métier à tisser. Les tissus peuvent être composés de fils de chaîne en fibres de lotus exclusivement, mais le coût du produit obtenu est alors extrêmement élevé (j’ai vu un foulard en fils de lotus, dont le prix de vente atteignait les 400 dollars ; on parle de 5000 dollars pour une veste en fils de lotus…). Dès lors, les tissus intègrent le plus souvent d’autres fibres. Ci-dessous, un tissu en cours de tissage sur un métier, composé de fils de chaîne de lotus et de soie "
Source textes et images : https://khmerologie.wordpress.com/2016/12/29/samatoa-et-la-fibre-de-lotus/
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