Bonjour à tou-t-e-s,
Voici quelques mots sur les utilisations textiles des orties.
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Les fibres des plantes sont des cellules scléreuses : il s'agit de cellules vides (mortes) lignifiées, dont l'ensemble forment un tissu de soutien, le sclérenchyme. Les fibres sont allongées et aux extrémités effilées (ou parfois un peu ramifiées, comme chez le chanvre).Pour extraire les fibres, les plantes sont immergées dans une eau contenant des microorganismes qui vont détruire par fermentation pectique les lamelles pectines des cellules et ainsi libérer les fibres. Ce processus s'appelle le rouissage.
En Europe, l'ortie dioïque (Urtica dioica L.) servait autrefois à confectionner des textiles. En effet, les tiges d'ortie contiennent des fibres de 7,5 cm de long ! On fabriquaient ainsi en ortie des toiles de tente et uniformes militaires, des vêtements, des sacs, des cordes, des filets de pêche, mais aussi des toiles très fines servant à égoutter les fromages (encore utilisées de nos jours).
Elle était également utilisée comme tinctoriale, teignant les tissus en vert.
De nos jours, l'ortie revient dans des procédés industriels ou pour la fabrication de vêtements « écologiques » utilisant des matières premières végétales locales.
Au Japon, une autre plante de la famille des Urticaceae, Laportea bulbifera (Siebold & Zucc.) Wedd., était utilisée traditionnellement par le peuple Aïnou (peuple aborigène du Japon, vivant actuellement dans le nord du pays) pour confectionner des vêtements, au côté de fibres d'autres plantes comme des carex ou des écorces d'arbres ou encore de plumes d'oiseaux.
En photo ci-dessous : un manteau traditionnel en ortie (Ainu Museum, Shiraoi, Hokkaidô, Japon ; photo : Wikicommons).
Bibliographie
Un voyage chez les Aïnous, Arlette et André Leroi-Gourhan, Albin Michel, 1989
La botanique redécouverte, Aline Raynal-Roques, Belin-INRA, 1994
Les incroyables vertus de l'ortie, Alessandra Moro Buronzo, Jouvence, 2013
Wikipedia