Le bleu

Le bleu

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Cuves et préparation de la teinture de bleu de pastel
Photo trouvée sur le site tourisme-gers.com
Il est difficile de trouver la couleur bleue dans la nature. D'ailleurs, les plantes qui ont été exploitées pour donner des teintures bleues, ne portent pas cette couleur sur elle. Celle-ci est bien cachée et nombreuses sont les étapes nécessaires pour les en extraire ! Chez l'indigotier, comme chez le pastel des teinturiers (Isatis tinctoria), c'est une molécule, l'indoxyle qui est à l'origine du pigment. Mais cette molécule ne se trouve pas en l'état. Pour le pastel, il faut dissocier, par hydrolyse, la part d'indoxyle que contient une molécule-précurseur, l'isatan B, présente dans la plante. Mais cela ne suffit pas encore. Pour le moment, le liquide à l'intérieur de la cuve est incolore. C'est un phénomène d'oxydation qui va en révéler la couleur bleue. Au contact de l'air, les molécules d'indoxyle se lient par deux pour former l'indigotine. En ramassant "l'écume" qui se forme à la surface, où en la laissant se décanter au fond de la cuve, on peut ramasser un beau pigment bleu. Mais celui-ci est insoluble (c'est justement pour ça qu'on a pu le ramasser). Pour pouvoir teinter un vêtement, il faudra réaliser encore d'autres opérations (notamment de réduction) dans le but de le rendre soluble.
Les grandes régions productrices du bleu de pastel étaient la région de Toulouse et le Lauragais.
Le pastel a longtemps détenu le monopole de la couleur bleue des vêtements, avant d'être détrôné par l'indigo (indigofera tinctoria) après la découverte de l'Amérique et l'ouverture de la route maritime des Indes. En effet, celui-ci pouvait être exploité à bas coût et son bleu plus profond de part la plus grande concentration de molécules-précurseurs d'indoxyle était considéré de plus belle qualité.
Aujourd'hui, une entreprise tente de redorer le blason du pastel, trop longtemps dénigré. Je joins le lien de leur site internet.