En Europe, je crois que la "jointure" alimentaire du printemps était difficile, il n'y avait pratiquement plus de céréales...En période de disette, les gens ont essayé de faire de la "farine", donc "du pain", avec plein de choses (des écorces, des glands, etc...), simplement pour ne pas mourir de faim. Beaucoup d'herbes passaient à la soupe.
A part interroger les anciens, une science qui s'appelle l'ethnobotanique recense les usages, alimentaires et autres, des plantes. Ces usages peuvent être localisés.
Nous par exemple (Aveyron, Tarn et Garonne), on mange au printemps, vers avril, les jeunes pousses du tamier, Tamus communis ou Dioscorea communis. En occitan, on appelle ça "responchouns" (ça veut dire vaguement raiponce, rien à voir
, c'est vendu en petites bottes sur les marchés de campagne, nous on les cueille dans les haies.
C'est un peu comme les asperges, en nettement plus amer. C'était (c'est ?) supposé "purifier le sang" après l'hiver, comme beaucoup d'herbes amères.
Le tamier était aussi appelé "l'herbe aux femmes battues" (ce qui montre que les violences faites aux femmes ne datent hélas pas d'hier).
C'est sûrement une plante toxique, et en général c'est ce qu'on pense ailleurs que chez nous (mais pas mortelle, je garantis !). Après, ça dépend sûrement des quantités, et on a en général une alimentation assez variée.
Pour moi, c'est un des signes de l'arrivée du printemps !