Les organismes coexistent : c'est une symbiose. Le bénéfice est réciproque, c'est un mutualisme. En effet, les acariens tuent des acariens phytophages et mangent des champignons parasites (j'en parle plus en détail page 52 de mon bouquin, "Jamais seul") : ils évitent une perte de ressource, minime à chaque fois mais qui par addition finit par peser sur la plante et qui, endommageant la feuille, limiterait ses capacités photosynthétiques. Ces logettes à acariens (ou domacies) sont présent (sortez les loupes) chez presque tous les arbres et arbustes des régions tempérées vous pouvez même voir les acariens assez souvent. C'est donc apparu par convergence dans plusieurs familles !
Une belle symbiose, partout autour de nous mais méconnue, et sans échange de nourriture (juste une protection réciproque).
APPROFONDISSEMENT - Sur les interactions, je répète ici un tableau que j'ai donné dans d'autres fils de discussion :
Partenaire A Partenaire
B
Type d'interaction :
+
+
mutualisme (dont symbiose sens strict)
+
-
parasitisme (ou prédation, si mort
s’ensuit)
+
0
commensalisme
0
-
amensalisme
0
0
neutralisme
-
-
antagonisme (dont surtout la compétition)
Historiquement, c’était défini comme
des relations trophiques, d’où le suffixe ‘-mensalisme’, relatif à
l’alimentation, mais aujourd’hui on
inclue n’importe quel service entre partenaires.
La symbiose est une relation physique
durable (tout ou grande partie du cycle de vie) entre partenaires - cela comporte un aspect physique, organisationnel qui est différent de ce qui précède. Au sens
large, fréquent en anglais, c’est valable quels que soient les effets sur les deux
individus associés (parasitisme ou même commensalisme, etc.). Au sens strict,
commun en français et que je préconise, on restreint aux cas de mutualisme (par exemple le bourdon est mutualiste, mais non symbiotique des fleurs; les acariens sus-décrits sont symbiotiques de feuilles). Mille fois hélas, en économie
il y a des gens qui commencent à utiliser symbiose en synonyme de mutualisme
(symbiose entre deux entreprises, mêmes distantes, si elles s’entraident)…
Enfin, pour moi du moins, le degré de dépendance,
obligatoire ou facultatif, n’entre dans aucune des définitions, mais il peut
être ajouté si on veut caractériser la relation (le bourdon est un mutualiste
facultatif de bouton d’or, car il peut vivre sans).