Interactions plantes-autres organismes

Interactions plantes-autres organismes

par Utilisateur supprimé,
Nombre de réponses : 2

En commentant la note de concernant le cornouiller sanguin, je remarquais que le cornouiller, comme le tilleul, recrute des acariens qui se cachent dans des touffes de poils localisées sur la face inférieure de la feuille, à l'angle de deux nervures, et qui peuvent se nourrir soit d'autres insectes phytophages soit de champignons parasites de l'hôte ...

QUESTIONS:

1) Comment qualifier cette relation gagnant - gagnant ?  Symbiose (si les deux organismes coexistent ... ce qui me semble bien être le cas ici ... mais que signifie "coexister" terme employé dans  le tableau fourni par le MOOC) ou mutualisme (si cette relation n'est pas obligatoire) ? 

2) Par ailleurs, j'aimerais avoir des exemples très concrets de ce genre de relation décrit ci-dessus: quelles espèces (plantes - acariens) collaborent pour lutter contre quels parasites (arthropodes ou champignons) ???

En réponse à Utilisateur supprimé

Re: Interactions plantes-autres organismes

par Marc-André SELOSSE,

Les organismes coexistent : c'est une symbiose. Le bénéfice est réciproque, c'est un mutualisme. En effet, les acariens tuent des acariens phytophages et mangent des champignons parasites (j'en parle plus en détail page 52 de mon bouquin, "Jamais seul") : ils évitent une perte de ressource, minime à chaque fois mais qui par addition finit par peser sur la plante et qui, endommageant la feuille, limiterait ses capacités photosynthétiques. Ces logettes à acariens (ou domacies) sont présent (sortez les loupes) chez presque tous les arbres et arbustes des régions tempérées vous pouvez même voir les acariens assez souvent. C'est donc apparu par convergence dans plusieurs familles !

Une belle symbiose, partout autour de nous mais méconnue, et sans échange de nourriture (juste une protection réciproque).

APPROFONDISSEMENT - Sur les interactions, je répète ici un tableau que j'ai donné dans d'autres fils de discussion :

          Partenaire A        Partenaire B                  Type d'interaction :

                        +                                  +                                  mutualisme (dont symbiose sens strict)

                        +                                  -                                   parasitisme (ou prédation, si mort s’ensuit)        

                        +                                  0                                  commensalisme

                        0                                  -                                   amensalisme     

                        0                                  0                                  neutralisme      

                        -                                   -                                   antagonisme (dont surtout la compétition)

 

Historiquement, c’était défini comme des relations trophiques, d’où le suffixe ‘-mensalisme’, relatif à l’alimentation, mais aujourd’hui on inclue n’importe quel service entre partenaires.

La symbiose est une relation physique durable (tout ou grande partie du cycle de vie) entre partenaires - cela comporte un aspect physique, organisationnel qui est différent de ce qui précède. Au sens large, fréquent en anglais, c’est valable quels que soient les effets sur les deux individus associés (parasitisme ou même commensalisme, etc.). Au sens strict, commun en français et que je préconise, on restreint aux cas de mutualisme (par exemple le bourdon est mutualiste, mais non symbiotique des fleurs; les acariens sus-décrits sont symbiotiques de feuilles). Mille fois hélas, en économie il y a des gens qui commencent à utiliser symbiose en synonyme de mutualisme (symbiose entre deux entreprises, mêmes distantes, si elles s’entraident)…

Enfin, pour moi du moins, le degré de dépendance, obligatoire ou facultatif, n’entre dans aucune des définitions, mais il peut être ajouté si on veut caractériser la relation (le bourdon est un mutualiste facultatif de bouton d’or, car il peut vivre sans).
En réponse à Marc-André SELOSSE

Re: Interactions plantes-autres organismes

par Utilisateur supprimé,

Merci pour votre réponse qui remet de l'ordre dans ce que je pensais comprendre du concept de "symbiose" ... En découvrant que l'école anglophone l'applique à toute forme de "convivialité" fusse-t-elle entre un parasite et sa victime.  J'avais déjà coché votre bouquin "Jamais seul" dans ma liste des achats après vous avoir entendu à la "Tête au carré" à moins que ce ne soit à "CO2 mon amour" !  J'ai hâte de le découvrir.