Bonjour
Merci pour toutes les réponses et remarques.
Si les cèdres intéressent beaucoup de monde (c'est vrai que ce sont des arbres spectaculaires) je partage ici avec vous ce que j'ai l'intention de dire à leur sujet lors de mes prochaines sorties dans l'arboretum, suite à vos avis et à d'autres que j'ai pris par ailleurs.
Les cèdres méditerranéens Cedrus atlantica, C. libani et C. brevifolia sont des espèces morphologiquement proches, difficiles à distinguer les uns des autres. Sur la base de critères morphologiques, certains auteurs ont suggéré qu'il s'agissait d'une seule et même espèce, alors que d'autres affirment qu'il s'agit de trois espèces différentes.
Du point de vue de la génétique, ces espèces sont proches également, mais il existe bien deux groupes qui semblent phylogénétiquement distincts, C. libani et C. atlantica. En revanche C. brevifolia ne semble pas se distingues de C. libani (il faudrait préciser sur quels marqueurs se base la phylogénie présentée dans les diapos de Magda, et si d'autres données ont été acquises depuis).
Du point de vue de la taxonomie, à un moment donné, le fait de donner un nom à un specimen ne dépend pas de la volonté de l'observateur ou du gestionnaire de collection, mais d'une référence acceptée et publiée (ce qui est toujours provisoire et susceptible d'être modifié par de nouvelles connaissances). Actuellement, on considère que les conifères ont été suffisamment sérieusement passées en revue du point de vue taxonomique, et les résultats sont régulièrement mis à jour dans The Gymnosperm Database, base de donnée à laquelle je vais donc me fier pour éditer mes étiquettes de collection. Cette base distingue trois espèces C. atlantica, C. libani et C. brevifolia. Elle donne des critères morphologiques de reconnaissance basés sur la taille et la forme des cônes, les angles de branches et la longueur des aiguilles (on trouve aussi des critères morphologiques dans la Flora Gallica).
L'arboretum que je gère contient C. atlantica et C. libani si on en croit les archives de son installation. Grâce à la proposition de Magda, j'espère pouvoir comparer les critères de reconnaissance morphologiques et les résultats de la génétique sur cette petite collection.
Je ne pense pas que le mooc sera encore ouvert quand on aura les résultats ! si quelqu'un est intéressé il faudra nous contacter ultérieurement...
Cette question permet d'illustrer la difficulté du concept d'espèce. Ce concept bien commode en première analyse est, à y regarder de près, problématique. En effet il se propose de faire des frontières plus ou moins arbitraires entre des organismes vivants qui diffèrent tous entre eux. Chez les végétaux on sait depuis longtemps que le critère d'inter reproductibilité, utilisé chez les animaux (mais qui n'est pas sans défauts) ne fonctionne pas bien.
Meilleures salutations à tous
Agnès Schermann