Autrefois était utilisé le genet d'Espagne (Spartium junceum L.) dans l’Hérault.
On coupait les rameaux, avec lesquels on faisait des fagots de taille égales.
Ensuite on battait les fagots puis on les mettait à tremper dans l'eau pendant environ 1 mois.
(Le rouissage s'opérait artisanalement et avait pour but de chasser les parenchymes indésirables et la substance gommeuse qui tient les fibres soudées entre elles)
On battait alors avec un battoir en bois, sur une pierre, chaque botte pour en détacher la filasse. Après cette opération, on les déliait et on les étendait sur des rochers ou sur une aire pour les faire sécher.
Les javelles sèches étaient ensuite soumises à un nouveau broyage, le teillage qui permettait d'éliminer les dernières traces de tissus étrangers tout en assouplissant les fibres. L'opération suivante, le peignage consistait à passer les fibres sur des peignes, planches garnies de rangées de clous, pour ne conserver que les plus longues, plus aptes à être filées.
La filasse finalement obtenue était enfin placée sur un fuseau ou une quenouille pour être filée au rouet comme de la laine. On apportait ces fils aux tisseurs de toile locaux auxquels on en remettait une livre pour une canne de toile.
Cette toile est très solide mais souvent rugueuse; elle servait à fabriquer des sacs pour céréales, les châtaignes, les pommes de terre...), des draps, des vêtements de travail dont le "grisaoudo" (sur habits utilisé par les paysans).
Les fils les plus fins sont réservés pour faire les draps de lit, les serviettes, les chemises et même les jupes.
Ce linge de genêt est plus fort et dure beaucoup plus que celui de chanvre et de lin, mais il n'a pas la même finesse.