Les poèmes botaniques

Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,
Nombre de réponses : 35

Bonjour amis plantes. 

Il me semblait judicieux de faire un petit sujet sur la poésie et les plantes. Pour anecdote, j'ai passé mon oral de français sur "Mignonne, allons voir si la rose" . 

Je m'en souviens comme si c'était hier...nous avions une 20ene de texte à connaitre car les 3 jurés aller nous interroger sur l'un deux. Bien entendu comme je suis un bonsaï un peu...dissident, je n'ai rien lu, mise à part ce poème car il était court ! Lors de la sélection (au hasard) du texte à présenter, sur quoi je tombe ,non d'une branche ? "Mignonne, allons voir si la rose" !! Alors voila, je voulais à travers ce topic remercier Pierre de Ronsard pour m'avoir un peu aider à avoir mon bac sourire


À CASSANDRE
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ! ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
Ronsard (1524, Vendômois)

J'espère lire vos poèmes avec si possible une petite anecdote sur ce que ce qu'il signifie pour vous !

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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Me revient en mémoire Les Roses de Rilke que j'ai redécouvertes il y a quelques temps en me promenant près de Trieste...


Une rose seule, c'est toutes les roses
et celle-ci: l'irremplaçable,
le parfait, le souple vocable
encadré par le texte des choses.


Comment jamais dire sans elle
ce que furent nos espérances
et les tendres intermittences
dans la partance continuelle.

Bonne idée ces poèmes botaniques. Le sujet est inépuisable.


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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,
"Mon amie la rose", chanson de Cécile Caulier, interprétée par Françoise Hardy dans son album Mon amie la rose de 1964. Nostalgique... et beau


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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

magnifique chanson

et merci pour le partage poétique initié par Julien,

ce n'est pas une de mes priorités mais ça me plait !

encore une autre façon d'aborder la nature ...

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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Encore dans le monde  des chansons botanics, je vous presente une chansons brèsilienne qui parle du manioc (Manihot esculenta).

Pour faciliter la compréhention j'ai mis des traductions fait maison.


Farine (Farine) - Djavan


A farinha é feita de uma planta da família das

(La farine est faite d'une plante de la famille des)


euforbiáceas, euforbiáceas

(euforbiacée, euforbiacée)


de nome manihot utilissima que um tio meu apelidou de macaxeira

(du nom manihot utilissima que mon oncle appellait manioc)


e foi aí que todo mundo achou melhor!...

(et ce fut là que tout le monde l'a trouvé meilleur!...)


a farinha tá no sangue do nordestino

(la farine est dans le sang des nordistes)


eu já sei desde menino o que ela pode dar

(je savais déjà depuis que j'étais gamin ce qu'elle pouvait donner de bon)


e tem da grossa, tem da fina se não tem da quebradinha

(et il y en a de la grosse, il y en a de la fine si il n'y en a pas de la moulue)


vou na vizinha pegar pra fazer pirão ou mingau

(je vais chez la voisine en prendre pour faire une purée ou de la bouillie)


farinha com feijão é animal!

(la farine avec des haricots c'est génial)


o cabra que não tem eira nem beira

(le mec qui n'a pas beaucoup de moyens)


lá no fundo do quintal tem um pé de macaxeira

(au fond du jardin il y a un pied de manioc)


a macaxeira é popular é macaxeira pr`ali, macaxeira pra cá

(la manioc est populaire, le manioc est par ici, le manioc est par là)


e em tudo que é farinhada a macaxeira tá

(et dans tous les tas de farine, le manioc y est)


você não sabe o que é farinha boa

(vous ne savez pas ce qu'est de la bonne farine)


Farinha é a que a mãe me manda lá de Alagoas

(Farine c'est celle que la mére m'envoie de Alagoas)


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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Bonjour,

Votre poème est magnifique. Il m'est allé droit au cœur, d'autant plus que mon arrière-grand-père vient de Trieste...

Merci pour ce partage !

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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Bonjour, 

Je me présente Anne, du Lot et Garonne 47. 

Un jour, inspirée de ce même poème et aussi d'une période de vie ou je devais soigner un cancer,  je me suis permise de le revisiter au nom d'une rose qui c'était attardée dans une froide journée d'hiver qui l'avait recouvert de givre et dont on m'avait envoyé la photo. 

Sans prétention aucune, que celle à ce moment là, de me laisser bercer par les mots chantants de mon humble imagination, ni poème, ni chef-d'oeuvre, juste des mots et de la rêverie.


Que de délicatesse, ...  Cela m’émeut.
Il y a là à la fois, un parfum de tristesse, de voir ainsi vêtu cette fragile petite. 
Et une beauté sans nom, comme sait faire la nature.
Dieu! comme elle doit avoir froid, pauvrette, ce matin à l'heure ou je me lève. 
La rose est frileuse et ce manteau de givre, n'est pas un apparat pour une dame du printemps, symbole du poète. 
Que ne s'est-elle permise de braver la tempête!  
Un peu dévergondé, courageuse et rebelle, aurait-elle oublié qu'elle ne survivra pas, au givre qui l'a malmène, l'a harcèle et l'a ride?
Pauvrette regardez la. 
Comme il l'a traite. 
La brute, sans vergogne l'a blesse sans aucune décence. 
Il croit l'aimer peut-être? 
Mais, il n y a pas d'amour heureux entre la belle des beaux jours et le givre glacial des hivers vigoureux. 
L'un d'entre eux périra des amours impossibles. 
Il croit la retenir,  dans ses milliers d'étoiles imbriqués une à une sur le velours soyeux de ses pétales tendres. 
Il l'a veut, l'a désire, il croit la cajoler en l'effleurant ainsi? 
Le rustre amoureux se perd dans ses chimères. 
La belle sans pudeur, lui fait perdre la tête comme elle le fît jadis aux rêveurs de tout poil. 
Aurait-elle oublié les mots que de sa plume, Ronsard sentencieux et avide, écrivit à Cassandre?

Mignonne, passer votre chemin
"Votre robe de pourpre" l'hiver de bon matin
N'aura plus d'agrément, d'élégance et de grâce
Mignonne, laissez là l'hérésie, tout passe et trépasse 
Celui que vous aimez, n'a aucune vertu
Et pour quelques frissons, assouvir ses abus
N'est pas à vos beautés une de vos meilleures armes

Croyez, croyez Mignonne, 
Demain de bon matin
Le rustre comme personne
Aura fané vos charmes et votre jolie teint

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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Très beau en effet ce poème de Ronsard.

Cela me rappelle la Rose du Petit Prince de Saint Exupéry. Que de symboliques, d'interprétations et d'images.

La rose après tout peu endosser bien des rôles : l'amour, la tendresse, la délicatesse, l'élégance, la féminité, les épines...

Très belle idée de sujet.

Annexe rose petit prince.jpg
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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Quelle idée généreuse de partager les poèmes qui ont traversé nos vies .

Le premier qui me vient à l'esprit , je l'ai appris dans mon enfance .Il me rappelle des souvenirs d'école et le fait le je n'ai plus regardé les myosotis de la même façon .Cette petite célébration intense du mariage du bleu et de jaune m'a vraiment touchée .Comme toutes ces couleurs que la nature sait si bien associer : les couleurs métalliques du martin pêcheur ,le rose et l'orange des graines de fusain ,les coloris des colibris ...Que de sources inépuisables d'émerveillement

Un poème donc d'Alphonse de Lamartine en quelques lignes



J'aime les étangs et j'habite

Partout où l'eau creuse un lit .

Ma fleur d'un bleu pâle s'agite

Au moindre vent , au moindre bruit.

Ma coupe d'or est si petite

Qu'une larme d'oiseau l'emplit .


Belles heures de lecture à vous sur ce mooc très convivial.


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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

De quelle plante s'agit-il dans ce poème ? 

Véronique ?

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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Ah , c'est devenu une devinette !

Ces quelques lignes évoquent le myosotis .

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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Alors ça ! Nos réponses viennent juste de se croiser ...

Bravo Michèle. le myosotis effectivement tout en bleu avec un pointe lumineuse de jaune !

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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

J'aime beaucoup aussi la rose du Petit Prince, merci Marie de l'évoquer, c'est un livre superbe et tellement poétique, beaucoup d'éléments de la nature y sont repris, comme aussi le renard...

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Re: Les poèmes botaniques

par Abdelghani AZZI,

Julien bonjour,

Le seul que je puisse évoquer a pas mal tourné sur la platine 33 tours de mon père (que je salue s'il m'entend).

On a toujours le brillant disque de Serge Reggiani qui chanta, entre autres poètes, Moustaki.


Fleurs de méninge

J'ai la méninge qui fleurit
La nature m'a tout appris
J'suis poète
Ma fortune est bien entendu
Comme un beau jardin suspendu
Dans ma tête
Pas de mémoire des myosotis
Souvent mon araignée en tis-
-sant sa toile
Fait un hamac pour ma pensée
Qui de là rêvant d'odyssée
Met la voile

Quand je m'embarque au grand bonheur
Je peux tout dire avec des fleurs
De méninge
Quand je m'en vais conter fleurette
Pas besoin de rose ni d'pâquerette
Au smokinge
Suffit pour être ensorceleur
De savoir faire pousser les fleurs
De méninge

Je ne cultive pas le souci
Mais je me rends vite à merci
Quand on cueille
Les plus douces pensées d'amour
Et la marguerite alentour
Que j'effeuille

Des fleurs poussées par ma passion
J'en fais éclore sans aversion
Sur l'bitume

Tout un parterre enjuponné
De belles de nuits dès que le né-
-on s'allume

Quand je joue au bel oiseleur
Je peux tout prendre avec des fleurs
De méninge
Pour étourdir la midinette
Pas besoin de rose ni d'pâquerette
Au dancinge

Suffit pour ce gentil labeur
De savoir faire pousser les fleurs
De méninge

Je pense trop et je suis trop beau
Pour faire de vieux os de barbeau
Je m'en flatte

Tranquille j'attends qu'un voyou
Comme pour me guérir du mildiou
Me sulfate

Ou bien qu'on me plante au surin
Sur le ventre un joli jardin
Qu'on m'vaccine

Bref qu'on m'envoie sans mon faire-part
Grignoter les pissenlits par
La racine

Quand je m'embarqu'rai pour ailleurs
Tout sera dit en quelques fleurs
De méninge

Pour m'en aller aux oubliettes
Pas besoin d'rose ni d'pâquerette
Ni d'meetinge

Pas besoin non plus d'orchidées
Mais d'un simple bouquet d'idées

Suffira d'verser quelques pleurs
Pour arroser vos propres fleurs
De méninge



Cordialement.


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Re: Les poèmes botaniques

par fabienne chiotti,

Bonne idée ce tour des poètes, car la nature est bien une poesie

Merci pour cette belle entrée en matière! 


Tout est sensible... Gerard de Nerval

Ce poème m'habite depuis le collège, j'y ressent tout le respect que l'on doit à la nature aussi généreuse que mystérieuse, et l’étroite interdépendance de tous les écosystèmes...au sens large

un extrait:

Homme libre penseur te crois-tu seul pensant?

dans ce monde ou la vie éclate en toute chose

des forces que tu tiens ta liberté dispose

mais de tous tes conseils l'univers est absent

respecte dans la bête un esprit agissant,

Chaque fleur est une âme à la nature éclose...."

...




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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Bonjour,

Etant une arachno-naturaliste, je vous partage ce poème de Victor Hugo où l'ortie tient une place de choix aux côtés de la dame à huit pattes. La violence des vers face à la poésie des rimes, le sécheresse des vers qui peu à peu marque la méconnaissance que l'on a de ces deux espèces... Pour moi, c'est un poème fort qui fait un peu écho à ce que l'on rencontre en animation naturaliste.

J'aime l'araignée

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
Leur morne souhait ;

Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;

Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ;
Ô sort ! fatals noeuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre,
L'araignée un gueux;

Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,
Parce qu'on les fuit,
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit...

Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !

Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
De les écraser,

Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !

Avec une dédicace au mooceur Antony Le Clézio : https://tela-formation.org/mod/forum/discuss.php?d=6798#p27052
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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Je me permets d'ajouter un second poème qui m'a ravie quand je l'ai découvert cet été.

Il se trouve que j'ai commencé l'an passé un petit répertoire de poésies.Et pour l'étoffer , j'ai acheté , l'ouvrage :52 poèmes d'Occident pour apprendre à s'émerveiller.

Il se trouve que le premier est vraiment l'un de mes préférés et il est de saison.Même si cette année , les jonquilles ont largement devancé le printemps !


Les jonquilles


Je me baladais seul tel un nuage

Flottant très haut parmi vaux et monts

Quand tout à coup je vis une foule

Toute une profusion de jonquilles d'or ;

A côté du lac , en dessous des arbres .

Elles voletaient et dansaient dans la brise.


Drues comme les étoiles qui brillent

Et scintillent sur la Voie lactée ,

Elles s'étendaient sur une ligne sans fin

Tout le long de la rive d'une baie :

J'en ai vu dix mille d'un seul coup d'oeil,

Secouant leur tête dans une danse allègre .


Les vagues derrière elles dansaient ; mais elles

Dépassaient d'exultation les vagues étincelantes :

Un poète ne pouvait être que gai ,

En si jubilatoire compagnie .

Je contemplais encore et encore , mais pensai peu

A tout le trésor que cette vue m'apporta .


Car souvent , lorsque je suis sur mon divan

L'esprit vacant ou pensif ,

Elles illuminent d'un éclair cet oeil intérieur

Qui est le parfait bonheur de la solitude ;

Et mon coeur s'emplit alors de plaisir ,

Et se met à danser avec les jonquilles .


William  Wordsworth


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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Bonsoir,


Je m'intéresse beaucoup à la poésie et j'étais contente de retrouver ce poème archi connu des Britanniques! En effet, à l'ecole anglaise on a moins l'habitude qu'en France à réciter des poésies mais je pense que la plupart des Anglais pourraient réciter au moins quelques lignes du poème de Wordsworth, qu'ils avaient appris  à l'école. En plus, le rythme et les rimes dans la version originale font que la mémoire est facilitée. Il l'a écrit au sujet du printemps au pays des lacs dans le nord ouest, et la jonquille est vraiment le symbole du printemps, le long des routes et plantées un peu partout dans les villes également.

Un autre peuple poète est le peuple russe, et lors d'une visite à Saint Petersbourg l'année dernière j'étais ravie de trouver un tout petit livre "L'amour de la botanique" illustré de tableaux avec différentes fleurs et des poésies sur les lis, le raisin, le bleuet etc. par de grands auteurs comme Pouchkine, Akhmatova, Mandelstam. Un vrai bijou!  Je le lis très lentement vu mon niveau de russe, mais c'est un plaisir. Voici un poème court, avec ma petite traduction, que les russophones me pardonnent: je débute!

Le Raisin

Je ne regretterai pas les roses,

Qui se fanent au début d'un printemps doux,

Le raisin sur sa vigne m'est très cher,

Ses branches mûres là-bas vers la montagne,

Beauté de ma vallée verte,

Plaisir d'un automne doré

Très longues et lumineuses ses grappes

Comme les doigts d'une jeune fille!

До свидания

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Re: Les poèmes botaniques Pour le premier mai!

par Utilisateur supprimé,

Voici un nouveau poème russe pour le premier mai: le Premier Muguet de Afanasy Fet, très beau. Les Russes toujours proches de la nature. Avec la traduction en annexe. Désolée pour l'image inversée, je ne trouve pas un bouton de rotation!




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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Je me permets d'ajouter un second poème qui m'a ravie quand je l'ai découvert cet été.

Il se trouve que j'ai commencé l'an passé un petit répertoire de poésies.Et pour l'étoffer , j'ai acheté , l'ouvrage :52 poèmes d'Occident pour apprendre à s'émerveiller.

Il se trouve que le premier est vraiment l'un de mes préférés et il est de saison.Même si cette année , les jonquilles ont largement devancé le printemps !


Les jonquilles


Je me baladais seul tel un nuage

Flottant très haut parmi vaux et monts

Quand tout à coup je vis une foule

Toute une profusion de jonquilles d'or ;

A côté du lac , en dessous des arbres .

Elles voletaient et dansaient dans la brise.


Drues comme les étoiles qui brillent

Et scintillent sur la Voie lactée ,

Elles s'étendaient sur une ligne sans fin

Tout le long de la rive d'une baie :

J'en ai vu dix mille d'un seul coup d'oeil,

Secouant leur tête dans une danse allègre .


Les vagues derrière elles dansaient ; mais elles

Dépassaient d'exultation les vagues étincelantes :

Un poète ne pouvait être que gai ,

En si jubilatoire compagnie .

Je contemplais encore et encore , mais pensai peu

A tout le trésor que cette vue m'apporta .


Car souvent , lorsque je suis sur mon divan

L'esprit vacant ou pensif ,

Elles illuminent d'un éclair cet oeil intérieur

Qui est le parfait bonheur de la solitude ;

Et mon coeur s'emplit alors de plaisir ,

Et se met à danser avec les jonquilles .


William  Wordsworth


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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Il y a quatorze ans assis avec un poto chez un torréfacteur, on venait de faire l'acquisition d'un caméra et nous cherchions un sujet pour se faire la main, "le Café".

Après quelques recherches, je descends passer une week-end chez une amie et je croise un couple d'ami des parents de cette amie. Dans ce couple une Éthiopienne, le pays ou le café à était découvert.

Six mois plus tard je décide de faire un voyage au pays du café, je repars m'informer chez ce couple pour organiser le voyage, je tombe nez à nez sur sa soeur, elle me convient à une fête au Kenya qui se déroulera deux semaines plus tard. Arrivé sur place sans qu'elle l'ai prévu, je me retrouve logé dans une villa en plein milieu d'une plantation de café.

La nature reprend c'est droit, je rencontre ses parents nous passons deux semaines de folie. Deux ans plus tard nous retournons ensemble au Kenya pour visiter et filmer  "les images son dans la boite".

Marié en France mon épouse fait des extras chez se fameux torréfacteur de Meaux, notre fille vient au monde, parcours la boutique, fait des siestes sur les sacs de café et cette année elle fêtera ses 9 ans.  


Vers 1718 un académicien donna lecture devant ses pairs d'un fort long poème de sa composition célébrant le "Café"

Caffea.L Caféier

Aperçu:

" (...) Par de là le vieux Nil

et les champs qu'il inonde,

S'ouvre au seuil de l'Asie,

une terre féconde;

C'est l'antique Saba,

qui bravant les hivers,

D'arbustes odorants parfume au loin les aires;

(...) Sous les feux du midi qui font bouillir sa sève.

Un arbre merveilleux modestement s'élève.

Ce fils de l'Abyssini,

autrefois ignoré,

Ne dresse point dans les airs un front démesuré;

Plus humble que la myrthe et le genêt sauvage,

De ses rameaux pendants il épaissit l'ombrage,

Et de sa fève mignonne,

au doux reflets dorés,

S'arrondit en deux grains,

Unis et séparés - (...) " 

La cerise du caféier.

                                                  Guillaume Massieu

Ne vous fâchez pas car je peux parfois être impoli avec la langue Française.

Quelle aventuurrrrree ...!

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Re: Les poèmes botaniques

par Laetitia Sanquer,
A la lecture de tous ces mots qui ne sont que douceurs linguistiques à associer sans modération aucune à nos explorations botaniques, je ne peux m'empêcher de voir vos lignes valser, danser, s'enlacer dans les airs, puisque tu viens Julien, par ta merveilleuse idée, toucher à la traductrice de poésies en langue des signes que je suis ! Oui tu as bien raison, décloisonnons, la nature et les arts quels qu'ils soient sont si étroitement liés qu'on ne peut que les associer ! Habitante du bout du monde, je viens justement d'acquérir un recueil merveilleux de poèmes bilingues breton-français intitulé "Orties" dont voici un extrait : 


Je te veux, dans ma mémoire et dans mon sang,

Dans ce qui fuit hier, dans les ajoncs dorés

La première pervenche, le parlement des pies,

La terre rouge et chaude, le sable noir brûlant,

Je te veux, amant gourmand des mots et du bonheur des arbres


Dans un autre registre, tour à tour, philosophique, scientifique, poétique, je vous recommande ô combien vivement, l'essai d'Emanuele Coccia - "La vie des plantes", une oeuvre magistrale qui nous emporte au coeur du creux du ventre de l'humanité et cela d'une plume merveilleusement érudite ! On en ressort l'oeil plus vif et aiguisé encore sur ce monde fascinant des plantes qui nous réunit ici ! 

Je vous souhaite à toutes et tous une formation passionnante ! 

Laetitia

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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Un poème, ou plutôt une chanson ou une comptine, pour apprendre le vocabulaire de la botanique : Le Voyage des Sauvages ! (à écouter ici) clin d’œil

Un Coquelicot bien établi,
Né sous le signe de la barochorie,
Se plaint un jour de voir tomber
Toutes ses graines sur ses pieds...
"Les fleurs aussi rêvent d'étoiles,
Si je pouvais, j'mettrais les voiles!"

"Voler je sais, dit Pissenlit,
J'suis docteur ès anémochorie,
Seulement la Lune, n'y compte pas:
Le vent choisit seul où il va...
Et comme personne ne pousse en l'air,
Si je pouvais, j'irais sous terre!"

"Violette dit: myrmécochorie,
Comprenez à dos de fourmis,
C'est sûr on s'enfonce de suite,
Mais les fourmis creusent bien trop vite...
Comme les fleurs pointent vers le ciel,
J'préférerais un dos d'hirondelle!"

"Faut pas s'emballer dit Merisier,
Endozoochorie: c'est mon métier!
Les oiseaux prennent mes noyaux,
Mais dans leur cul, jamais sur leur dos...
Comme personne n'aime le caca,
Si je pouvais, j'laverais tout ça!"

"Gare aux clichés dit Nénuphar
L'hydrochorie, façon têtard,
les vagues ça fait vacances,
Mais quand ça tangue, on boit la tasse...
Comme on est pas des bigorneaux,
Si je pouvais, j'prendrais le bateau!"

"Antrhopocorie dit Amarante:
Via cargo, je suis une immigrante,
Je suis passé sur l'autre rive,
Pour qu'on me traite d'invasive,
Dans un pays où il fait frisquette...
J'préfererais rester sous une couette!"

"Epizoochorie dit Dame Bardane,
Au chaud sous la fourrure d'un âne,
D'un chat, d'un chien pour voyager,
Difficile de ne pas rester collée...
Avec des puces pour seuls voisins,
Si je pouvais, j'me gratterais bien!"

"Puisque vos agences de voyage,
Dit Cardamine à l'entourage,
Semblent vous décevoir un brin,
Je disperserai mes chérubins,
A la force de mes propres fruits."
Ainsi naquit l'autochorie!



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Re: Les poèmes botaniques

par gaëtanne MICHEL,

Coucou coucou !

Avec mon amie la violette,
Nous contons fleurette au printemps,
Pour qu'il garnisse sa brouette ,
de nuages et de beau temps.
Bien protégé du vent du Nord,
Bien à l'abri dans l'écrin vert,
J'ai emprunté du jaune d'or,
Pour dire au revoir à l'hiver.
Mon doux parfum, fine merveille,
Enchante des milliers d'invités.
Mon nectar enivre les abeilles,
Ma couleur attire les ailés.
Je suis le coucou éclatant
Qui met du soleil dans les prés
Aussitôt fleuri, le printemps :
Déclare : « Il est temps d'arriver !


En réponse à gaëtanne MICHEL

Apprendre des arbres

par Utilisateur supprimé,

Un nouveau poème pour faire vivre cette belle page et ne pas la laisser tomber dans l'oubli !

Cette fois , un texte dédié aux arbres .

Je l'ai découvert au moment ou je m'entrainais à identifier les différentes espèces d'arbres des parcs rennais , donc c'est le symbole pour moi de toute une période de recherches passionnées .


Apaise-toi , apprends des arbres ce que sont

Les hommes , ce qu'est aspirer à la lumière

Et verticalement croître en sagesse comme

En vigueur ;d'eux apprends la vertu et comment ,

Patiemment , porter la couleur verte aux nues .

Et d'eux encore apprends à dompter le soleil ,

L'obligeant chaque année à clore son trajet

Dans la matière qui l'a enfanté.Des arbres

Apprends ce qu'est la forêt et ce qu'est la porte

Qui donne sur l'inconnu , où l'égaré trouve

A qui parler car c'est là le lieu du mystère

Et c'est là que ton destin doit se dénouer

Puisque là fut noué le noeud primordial

au temps , à l'instant même où naissait la mémoire .


Robert MARTEAU Poème de 2002


Quel bel hommage à ces porte -plumes que sont les arbres , écosystèmes gardiens de la diversité des espèces .

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Re: Apprendre des arbres

par Bernadette TOUCHARD,

Le myosotis, de Georges BRASSENS
 

(pour Sacha Distel) 

Quand tu partis, quand 
Tu levas le camp 
Pour suivre les pas 
De ton vieux nabab, 
De peur qu' je n' sois triste, 
Tu allas chez l' fleuriste 
Quérir un' fleur bleue, 
Un petit bouquet d'adieu, 
Bouquet d'artifice ; 
Un myosotis, 
En disant tout bas 
Ne m'oubliez pas.

Afin d'avoir l'heur' 
De parler de toi, 
J'appris à la fleur 
Le langag' françois. 
Sitôt qu'elles causent 
Paraît que les roses 
Murmurent toujours 
Trois ou quatre mots d'amour. 
Les myosotis 
Eux autres vous dis'nt, 
Vous disent tout bas : 
Ne m'oubliez pas.

Les temps ont passé. 
D'autres fiancées, 
Parole d'honneur, 
M'offrir'nt le bonheur. 
Dès qu'une bergère 
Me devenait chère, 
Sortant de son pot 
Se dressant sur ses ergots 
Le myosotis 
Braillait comme dix 
Pour dire "Hé là-bas, 
Ne m'oubliez pas."

Un jour Dieu sait quand, 
Je lèv'rai le camp, 
Je m'envol'rai vers 
Le ciel ou l'enfer. 
Que mes légataires, 
Mes testamentaires, 
Aient l'extrême bonté, 
Sur mon ventre de planter 
Ce sera justic' 
Le myosotis 
Qui dira tout bas : 
Ne m'oubliez pas.

Si tu vis encor', 
Petite pécor', 
Un d' ces quat' jeudis, 
Viens si l'coeur t'en dit 
Au dernier asile 
De cet imbécile 
Qui a gâché son coeur, 
Au nom d'une simple fleur. 
Y a neuf chanc's sur dix 
Qu' le myosotis 
Te dise tout bas : 
Ne m'oubliez pas.


Et le mot "myosotis" signifie d'ailleurs "ne m'oublie pas" en  allemand, en anglais ( forget me not) , en espagnol (no me olvides) , en italien, en polonais, etc...


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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Il y aussi  ce poème d'Alfred de Musset (poésies nouvelles)

Très beau sujet d'allier la poésie et la nature! la nature n'est d'ailleurs que l'expression de la poésie


A une fleur

Que me veux-tu, chère fleurette,
Aimable et charmant souvenir ?
Demi-morte et demi-coquette,
Jusqu’à moi qui te fait venir ?

Sous ce cachet enveloppée,
Tu viens de faire un long chemin.
Qu’as-tu vu ? que t’a dit la main
Qui sur le buisson t’a coupée ?

N’es-tu qu’une herbe desséchée
Qui vient achever de mourir ?
Ou ton sein, prêt à refleurir,
Renferme-t-il une pensée ?

Ta fleur, hélas ! a la blancheur
De la désolante innocence ;
Mais de la craintive espérance
Ta feuille porte la couleur.

As-tu pour moi quelque message ?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret ?
Ton parfum est-il un langage ?

S’il en est ainsi, parle bas,
Mystérieuse messagère ;
S’il n’en est rien, ne réponds pas ;
Dors sur mon coeur, fraîche et légère.

Je connais trop bien cette main,
Pleine de grâce et de caprice,
Qui d’un brin de fil souple et fin
A noué ton pâle calice.

Cette main-là, petite fleur,
Ni Phidias ni Praxitèle
N’en auraient pu trouver la soeur
Qu’en prenant Vénus pour modèle.

Elle est blanche, elle est douce et belle,
Franche, dit-on, et plus encor ;
A qui saurait s’emparer d’elle
Elle peut ouvrir un trésor.

Mais elle est sage, elle est sévère ;
Quelque mal pourrait m’arriver.
Fleurette, craignons sa colère.
Ne dis rien, laisse-moi rêver.

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Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

HAÏKUS

Aimant les poèmes courts, j'ai cherché dans la poésie japonaise quelques haïkus consacrés aux plantes.

Or, délaissant un peu les superbes et incontournables chrysanthèmes, pivoines et cerisiers en fleurs, je n'ai pas trouvé grand chose célébrant une plante pour elle-même et non seulement comme offrande à une femme, décor d'un temple ou perchoir d'une libellule. 

En voici tout de même quelques uns, le premier d'entre eux bien connu et qui est mon préféré.

Qui en proposera d'autres ?


Je lève la tête

L’arbre que j’abats

Comme il est calme !

Kuribayashi Issekiro

 

L’herbe des champs 
Libère sous mes semelles
Son parfum.
Masaoka Shiki

 

Chaque fleur qui tombe
Les fait vieillir davantage -
Les branches de prunier !        

Yosa Buson


Des renards jouent

Parmi les narcisses ;

Claire nuit de lune

Buson


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Un supplément de haiku ...

par Utilisateur supprimé,

C'est drôle , Nicole , je voulais justement poster à ce sujet .

Un haiku et des concentrés de poésie française autour du papillon , ouvrier indispensable au service de la fleur cet être quasi immobile qui sait si bien aimanter d'autres présences .


Un pétale tombé

Remonte à sa branche.

Ah !  c'est un papillon !

Arakida Moritake


Le papillon :

Ce billet doux

Plié en deux

Cherche une adresse de fleurs.

Jules Renard


Le papillon !fleur sans tige ,

Qui voltige ,

Que l'on cueille en un réseau ;

Dans la nature infinie ,

Harmonie

Entre la plante et l'oiseau ! ...


Gérard de Nerval

En réponse à Utilisateur supprimé

Re: Les poèmes botaniques

par Utilisateur supprimé,

Je connais un petit poème depuis longtemps, je sais seulement que c'est un certain Stelzhammer qui l'a écrit :