Tout, dans la nature, a-t-il un but ? C'est une "sacrée" question, en fait une question philosophique à laquelle la science ne peut guère répondre.
L'évolution se produit globalement :
- par les mutations, qui arrivent par hasard (c'est à dire de manière aléatoire, à faible fréquence en général), sans qu'on puisse connaître précisément quelles en sont les causes (au sens de raison) sauf dans les cas où l'on arrive à identifier des substances ou des rayonnements mutagènes (radioactivité)
- par sélection naturelle, c'est à dire que l'environnement de l'organisme qui porte une mutation agit comme un sélectionneur, comme un "filtre" en quelques sorte . L'environnement est ici tout ce qui entoure l'être vivant en question : des éléments physiques ou chimiques - l'air, l'eau, le sol, la température, les mouvements de masses atmosphériques... - et les autres êtres vivants.
Compte tenu de cet environnement, on distingue :
- des mutations qui apportent un bénéfice à l'individu, qui a alors plus de chances de se reproduire et de transmettre ses gènes, donc la mutation qu'il porte
- des mutations qui apportent un désavantage à l'individu, qui a alors moins de chances de vivre et de se reproduire, ce qui tend à faire disparaître la mutation assez rapidement
- des mutations neutres, ni bénéfiques, ni négatives dans les conditions environnementales de leur apparition. Elles peuvent en revanche, si l'environnement change, se révéler positives ou négatives à un moment donné de l'histoire géologique.
C'est donc à partir de ces différents facteurs que toute espèce évolue en permanence, de façon plus ou moins rapide selon les espèces d'ailleurs en raison notamment des fréquences de mutations, variables selon les groupes d'êtres vivants. On voit ici le rôle important, d'une part, d'une "raison" inconnue et aux effets à priori imprédictibles, le hasard, et, d'autre part, celui des nombreuses interactions entre l'individu et son environnement.
D'autres phénomènes interviennent, certains bien connus, d'autres dont l'explication n'est pas encore bien élaborée d'un point de vue scientifique. Dans les 50 dernières années, disons, on a découvert l'importance de nombreuses interactions dont on ne soupçonnait parfois pas même l'existence.
La question de la raison au sens de but est ainsi hors de portée du champ scientifique. On ne peut que constater que certains caractères permettent un excellent fonctionnement, répondent bien à une fonction, d'autres moins, d'autres au contraire y sont défavorables.
"L'histoire de la biologie" d'Ernst Mayr est un ouvrage, déjà un peu ancien sur le plan strict des connaissances, mais qui présente fort bien cette réflexion. Il distingue les causes proximales (les causes au sens habituel) des causes finales (le but).
Aujourd'hui, on peut se dire éventuellement que tout organe a un sens, une fonction, mais en réalité on est bien en mal de le savoir dans de très nombreux cas. D'autre part, prenons certains reptiles qui, soit n'ont plus que des vestiges de pattes, soit plus de pattes du tout comme les serpents. La raison de la présence ou non de ces organes s'explique par l'histoire alors que, si tant est qu'ils soient présents, ils n'ont plus de fonction.
Bref, la diversité des situations dans le vivant ne laisse pas de nous surprendre et nous réserve certainement encore de belles surprises.
Question parasitisme et autres interactions : Marc-André, dont l'ouvrage "Jamais seul" est riche de telles surprises et découvertes récentes, sera certainement le mieux à même de répondre.
Néanmoins il existe de nombreuses plantes qui ne se servent de leur hôte qu'en tant que support. Sans rien puiser dans leur hôte (mais évidemment pas sans interactions d'un autre ordre, même indirectes ). On parle d'épiphytes. Les cas d'épiphytes de "grande" taille sont nombreux sous les tropiques (fougères, orchidées...). Dans les pays tempérés ou arides, ils sont plus souvent réduits aux mousses et aux lichens.
Le cas du lierre. C'est une plante de grande taille qui possède des racines souterraines, assurant leur rôle classique dans l'absorption hydrominérale. Sur les tiges aériennes, qui montent souvent sur un support végétal, se développent de petites racines (racines-crampons) dont, à ma connaissance, le seul rôle est la fixation de la tige du lierre à son support.
Voilà donc quelques éléments de réponse que, de mon côté, je ne pourrai guère enrichir mais... A suivre... Comme vous dites en tous cas, la botanique (et la biologie même), c'est passionnant !