amensalisme

amensalisme

par Annette Millet,
Nombre de réponses : 7

Bonjour,

Dans le tableau récapitulatif des interactions biologiques possibles, je trouve l'amensalisme où l'effet est sans inconvénient pour l'un mais négatif pour l'autre. Ce n'est pas très clair pour moi : je n'arrive pas à trouver d'exemples. Pourriez-vous éclairer ma lanterne ? Merci.

Annette

En réponse à Annette Millet

Re: amensalisme

par Annette Millet,

Je vais "m'auto-répondre" ! Après recherche,  j'ai trouvé l'exemple du piétinement d'une espèce de plantes par les animaux (en troupeau) ou par les hommes (en troupeau parfois aussi) : la plante risque de disparaître, mais aucun inconvénient pour l'animal.

En réponse à Annette Millet

Re: amensalisme

par Marc-André SELOSSE,

Annette a raison ! mais en fait (on en discutait avec des amis récemment), pas très chouette ce concept.

L'amensalisme est donc négatif pour l'un et neutre pour l’autre. J’en connais pas beaucoup d’assuré : c’est souvent le sous-produit d’une activité qui, elle, est bénéfique. Je rebouche des zones naturelles humides pour faire des baraques : je détruis le plantes  de milieu humide au passage. Y’a quand même un effet marginal positif pour l’homme, c’est la récupération de l’habitat (cela peut être vu comme une compétition faible). L'oyat et l'Homme: le vacancier marche sur la dune et détruit au passage les oyats... mais enfin les vacances ça fait plaisir...

Aucune action d'une espèce n'est vraiment neutre pour elle, le piétinement par exemple correspond à une activité en elle-même bénéfique (déplacement). On met l'amensalisme surtout histoire de bien caler tous les cas de figure possible...


En réponse à Marc-André SELOSSE

Re: amensalisme

par Laurent CARRARO,

Je posais la question suivante ailleurs sur le forum. Est-ce que le cas d'un arbre qui défavorise les espèces de soleil placées en dessous ressort de l'amensalisme ?

Merci d'avance,

Laurent

En réponse à Annette Millet

La malchance. Un phénomène naturel?

par Abdelghani AZZI,

Bonne question...

Je ne suis pas non plus à l'aise avec l'idée que quoi que ce soit dans l'univers arrive sans raison, au sens de cause, ni sans raison, au sens de but.

Une plante peut-elle en menacer une autre sans en profiter in fine?

Peut-on comprendre que certaines espèces qui mal-cohabiteraient se retrouveraient à proximité létale pour l'une, sans que cela ne profit à l'autre? Un genre de malchance? alors même que chacune a, écologiquement parlant,  le droit de se trouver où elle est, et d'en profiter pleinement.

Dans ma région, par exemple, les ailantes qui n’étaient pas encore là dans les années 80, ont (presque) tout envahi .

Ils se propagent par graines, par tronçons de racines(?) et par drageons et produisent une substance chimique allélopathique appelée ailanthone qui inhibe la croissance de nombreuses autres plantes.

Ceci ne leur profit-il pas sans être pour autant du parasitisme?

J'ai aussi trouvé cette définition de parasitisme "Condition d’un organisme vivant qui vit sur un autre corps organisé, qu’il en tire ou non sa nourriture."

Là non plus je ne comprend pas pourquoi un organisme vivrait sur un autre alors qu'il n'en tire pas de nourriture? seulement pour s'y fixer? Même les lichens dissolvent leur substrat pour en tirer des éléments minéraux...

Voilà, si quelqu'un peut m'éclairer.

Désolé pour la longueur du commentaire.


PS : Je suis incorrigible! je n'y peux rien.. Y aurait-il un autre type d'interaction où un plante en gênerait une autre uniquement au profit d'une troisième? Dans ce cas l'amensalisme  serait compréhensible si on ne considère que les deux premières, et serait de la prédation de la troisième contre la première par sous-traitance!

La botanique c'est passionnant!


Ghani ____________________________________________________
Olives salées!Biodiversité...Paparazzi!Flora Algeriana
En réponse à Abdelghani AZZI

Re: La malchance. Un phénomène naturel?

par Utilisateur supprimé,

Tout, dans la nature, a-t-il un but ? C'est une "sacrée" question, en fait une question philosophique à laquelle la science ne peut guère répondre.

L'évolution se produit globalement :

- par les mutations, qui arrivent par hasard (c'est à dire de manière aléatoire, à faible fréquence en général), sans qu'on puisse connaître précisément quelles en sont les causes (au sens de raison) sauf dans les cas où l'on arrive à identifier des substances ou des rayonnements mutagènes (radioactivité)

- par sélection naturelle, c'est à dire que l'environnement de l'organisme qui porte une mutation agit comme un sélectionneur, comme un "filtre" en quelques sorte . L'environnement est ici tout ce qui entoure l'être vivant en question : des éléments physiques ou chimiques -  l'air, l'eau, le sol, la température, les mouvements de masses atmosphériques... - et les autres êtres vivants.

Compte tenu de cet environnement, on distingue :

- des mutations qui apportent un bénéfice à l'individu, qui a alors plus de chances de se reproduire et de transmettre ses gènes, donc la mutation qu'il porte

- des mutations qui apportent un désavantage à l'individu, qui a alors moins de chances de vivre et de se reproduire, ce qui tend à faire disparaître la mutation assez rapidement

- des mutations neutres, ni bénéfiques, ni négatives dans les conditions environnementales de leur apparition. Elles peuvent en revanche, si l'environnement change, se révéler positives ou négatives à un moment donné de l'histoire géologique.

C'est donc à partir de ces différents facteurs que toute espèce évolue en permanence, de façon plus ou moins rapide selon les espèces d'ailleurs en raison notamment des fréquences de mutations, variables selon les groupes d'êtres vivants. On voit ici le rôle important, d'une part, d'une "raison" inconnue et aux effets à priori imprédictibles, le hasard, et, d'autre part, celui des nombreuses interactions entre l'individu et son environnement.

D'autres phénomènes interviennent, certains bien connus, d'autres dont l'explication n'est pas encore bien élaborée d'un point de vue scientifique. Dans les 50 dernières années, disons, on a découvert l'importance de nombreuses interactions dont on ne soupçonnait parfois pas même l'existence.

La question de la raison au sens de but est ainsi hors de portée du champ scientifique. On ne peut que constater que certains caractères permettent un excellent fonctionnement, répondent bien à une fonction, d'autres moins, d'autres au contraire y sont défavorables.

"L'histoire de la biologie" d'Ernst Mayr est un ouvrage, déjà un peu ancien sur le plan strict des connaissances, mais qui présente fort bien cette réflexion. Il distingue les causes proximales (les causes au sens habituel) des causes finales (le but).

Aujourd'hui, on peut se dire éventuellement que tout organe a un sens, une fonction, mais en réalité on est bien en mal de le savoir dans de très nombreux cas. D'autre part, prenons certains reptiles qui, soit n'ont plus que des vestiges de pattes, soit plus de pattes du tout comme les serpents. La raison de la présence ou non de ces organes s'explique par l'histoire alors que, si tant est qu'ils soient présents, ils n'ont plus de fonction.

Bref, la diversité des situations dans le vivant ne laisse pas de nous surprendre et nous réserve certainement encore de belles surprises.

Question parasitisme et autres interactions : Marc-André, dont l'ouvrage "Jamais seul" est riche de telles surprises et découvertes récentes, sera certainement le mieux à même de répondre.

Néanmoins il existe de nombreuses plantes qui ne se servent de leur hôte qu'en tant que support. Sans rien puiser dans leur hôte (mais évidemment pas sans interactions d'un autre ordre, même indirectes ). On parle d'épiphytes. Les cas d'épiphytes de "grande" taille sont nombreux sous les tropiques (fougères, orchidées...). Dans les pays tempérés ou arides, ils sont plus souvent réduits aux mousses et aux lichens.

Le cas du lierre. C'est une plante de grande taille qui possède des racines souterraines, assurant leur rôle classique dans l'absorption hydrominérale. Sur les tiges aériennes, qui montent souvent sur un support végétal, se développent de petites racines (racines-crampons) dont, à ma connaissance, le seul rôle est la fixation de la tige du lierre à son support.

Voilà donc quelques éléments de réponse que, de mon côté, je ne pourrai guère enrichir mais... A suivre... Comme vous dites en tous cas, la botanique (et la biologie même), c'est passionnant !

En réponse à Utilisateur supprimé

Re: La malchance. Un phénomène naturel?

par Abdelghani AZZI,
Comme vous dites en tous cas, la botanique (et la biologie même), c'est passionnant !

Et vos réflexions les sont tout aussi fort Jean-Pièrre!

Je vous lis (et tous les autres sur cet site) avec grand intérêt partout sur le forum.

Bien souvent vos réflexions, si elles donnent des réponses, révèlent discrètement d'autres questions.

Ce qui est loin d'être un désagrément pour moi.

Très cordialement.

Ghani ____________________________________________________
Olives salées!Biodiversité...Paparazzi!Flora Algeriana
En réponse à Abdelghani AZZI

Re: La malchance. Un phénomène naturel?

par Utilisateur supprimé,

Merci, Abdelghani. C'est que l'intérêt des MOOC réside autant dans les échanges via les forums que dans les ressources directement en lien avec les cours....

Bien cordialement aussi.