De fait, les diverses espèces de plantes sont adaptées à des conditions de milieu particulières. En fonction de leur plus ou moins grande adaptation à la sécheresse, à la présence de lumière plus ou moins intense, à la teneur de tels ou tels éléments minéraux dans le sol, etc. Ou à leurs exigences mêmes par rapport à ces conditions. Elles donnent ainsi des indications plus ou moins précises.
Les espèces qui sont liées à des conditions de vie très variées donnent cependant moins d'indications que celles qui sont liées à des conditions de vie plus retreintes. Ce sont ces dernières qu'on qualifie plutôt d'espèces indicatrices.
Ex. :
- le chataignier, le chêne-liège, la plupart des bruyères poussent sur des terrains siliceux
- les salicornes poussent sur des terrains salés ; elles éliminent néanmoins le sel par la mort des parties qui se sont le plus chargées en sel et qui finissent par ne plus être en connexion avec le reste de la plante et, carrément, par tomber.
Le terme de bio-indicatrices me semble néanmoins un effet de mode (presque commercial parfois ou, pour le moins, "communicant"). Une espèce de plantes indicatrice des conditions de milieux où elle vit est nécessairement bio-indicatrice, puisqu'elle est vivante. Ce terme a l'avantage de sensibiliser à l'importance du vivant, c'est certes intéressant, notamment en lien avec une meilleure prise en compte des interactions écologiques au sein des agrosystèmes.
Quant aux plantes capables de résister à des teneurs importantes de métaux lourds (plantes metallicoles), elles ne sont donc qu'un exemple parmi d'autres, de plantes indicatrices du milieu. Ci-joint un extrait de l'ouvrage "Stratégies végétales" (Garrone B., Schatz B., Martin P. et Les Ecologistes de l'Euzière. Ed Ecologistes de l'Euzière) consacré à ce sujet. Il développe peu les modalités de résistance mais donne des informations intéressantes.
Voyez aussi :
https://www.umontpellier.fr/articles/la-chimie-du-futur-passe-par-les-plantes
http://www.chimeco-lab.com/recherche
Pour finir, au delà du caractère plus ou moins indicateur de telle ou telle espèce, il est très intéressant de se pencher sur les cortèges d'espèces (notion d'association et de groupements végétaux) vivant ensemble. C'est le domaine de la phytosociologie. L'étude des associations végétales, qui croise donc les conditions écologiques de l'ensemble des espèces qui constituent ces associations, apporte en effet des indications fines sur ces conditions de milieux, plus fine en général que la présence d'une seule espèce.