Colère d'un apiculteur

Colère d'un apiculteur

par Corinne DECARPENTRIE,
Nombre de réponses : 11

Bonjour,

Je crois que parmi vous, il y a des apiculteurs. Je vous joins le lien d'une publication concernant un apiculteur en colère.

https://positivr.fr/sven-niel-cri-alarme-apiculteur-breton-pesticides/

Est-ce que la situation est si grave que ça ? Quel est votre avis sur cette vidéo ?

Corinne

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Re: Colère d'un apiculteur

par Thierry GAULTIER,

Voilà bien des années déjà que les apiculteurs dénoncent la sur-mortalité de leurs abeilles due aux pesticides et notamment aux néonicotinoïdes. On a beaucoup parlé du Gaucho, du Poncho, du Cruiser, ... Combien de pétitions n'a-t-on pas signé pour interdire leur usage... pour quels résultats ? Les politiques trainent des pieds face au lobbying et aux pressions des firmes sur-puissantes qui  les produisent.

Oui, la situation est extrêmement grave : les pesticides sont omniprésents dans l'environnement et on n'est pas au bout de nos surprises quant à l'impact que ça aura sur notre santé dans les décennies à venir.


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Re: Colère d'un apiculteur

par Besma ASTRUC,

Bonjour,

Je mets ma casquette d'apicultrice pour vous donner mon avis clin d’œil la situation est alarmante et ce n'est pas uniquement pour les abeilles mais pour tout les insectes et autres. J'ai eu 80% de mortalité cette année les ruches s'affaiblissent et malgré notre acharnement pour l'aider à surmonter la pente elle est dédiée à une mort certaine. Plusieurs ruches faibles n'arrivent pas à passer l'hiver et celles qui réussissent ce défis elle se trouvent empoisonnées par les désherbants des agriculteurs qui eux aussi cherchent à sauver leur cultures (conflit d'intérêt).

C'est simple pour pouvoir continuer le métier d'apiculteur il faut entrer dans une optique de multiplication d'essaim pour pouvoir combler les pertes de l'année qui va suivre!! on doit s'adapter à la situation travailler plus, doubler nos effectifs, or on n'est pas censé être dans cette optique. La notre c'est d'avoir des abeilles saines pour pouvoir produire du miel dans de bonnes conditions.

Dans les communes les politiques se réfugient dans la formule objectif phyto ( cahier des charges qui n'utilise pas des produits phytosanitaires) pour les parcs et jardins publics mais ne parles pas des usages des agriculteurs.

On continue à se voiler la face! et résultat on est dégouté d'un métier qui nous tenait à cœur car on se trouve impuissant. 

J'espère que des solutions vont surgir avant que cela ne soit trop tard.

Merci pour ce clin d'œil pour nos amies abeilles sentinelles de notre environnement.

Besma


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Re: Colère d'un apiculteur

par Corinne DECARPENTRIE,

Je comprends donc mieux la colère de cet apiculteur et je suis désolée de ce qui se passe.
J'espère aussi que des solutions vont apparaître.  approbateur

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Re: Colère d'un apiculteur

par Colette GUIDAT,

j'ai investi dans un GFA (Terre de Liens) en Bretagne, dans les Côtes d'Armor. Sur le terrain il y a un apiculture en Bio désespéré : il a trouvé ses ruches vides ! Ici en Provence même témoignages de toutes parts. C'est très grave pour la biodiversité.

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Re: Colère d'un apiculteur

par Besma ASTRUC,

Bonjour

Merci pour votre témoignage en effet la situation est très grave d'autant plus que cette situation est observée aussi dans des environnements dépourvus de pratiques agricoles conventionnelles. 

Je pense qu'il y a un cumul de certains paramètres : traitements, changement climatiques qui provoquent un affaiblissement des ruches qui se vident car le système nerveux des abeilles est défaillant et celles-ci ne parviennent pas à retourner dans leurs ruches, l'autre cas c'est une activité ralentie qui pousse la reine à ne  plus assurer le renouvellement du couvain et donc déclin total des colonies.

Ce phénomène touche aussi un autre maillon de la chaîne alimentaire, ce n'est pas hasard si un tiers des oiseaux a disparu des compagnes françaises!

D'autres individus de la faune sont aussi, certainement,  en danger d'extinction mais comme on est pas en contact direct avec eux ( ne sont pas source d'élevage ou d'étude d'impact) leurs disparitions passent inaperçues.

 Je ne sais pas ce qu'on laisse comme avenir à nos enfants!

Merci pour cette discussion, Besma

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Re: Colère d'un apiculteur

par Utilisateur supprimé,

bonjour, il est vrai que les abeilles sont touchées par un véritable fléau. Ce qu'il faut savoir c'est que sans les pollinisateurs toute la reproduction des plantes est remise en question. Je vit dans le nord du Gard et j'ai quelques ruches pour le plaisir. Je ne vis pas de la production de miel j'en offre à toute la famille et à tous ceux qui me font plaisir. L'année dernière j'ai perdu trois ruches ( soit le champ de colza soit le champ de tournesol ) Cruiser, Gaucho, Régent : Ces insecticides qui tuent les abeilles (Études scientifiques). Le Cruiser est sur la sellette, des années après l'interdiction du Gaucho et du Régent en France. Ces trois insecticides, autorisés dans de nombreux pays, sont accusés d'entrainer une surmortalité des abeilles. Cette année c'est pire et là je suis vraiment en colère. J'ai perdu mes quatre dernières ruches trois dans l'été et une dans l'hiver ( la plus forte). La cause : je vit au milieu de ce que j'appelle un désert végétal monoculture viticole. Tous les vergers alentours ont été arrachés (pas rentables prix de la main d’œuvre supérieur au prix du kilo) il n'y a que de la vigne ce ne serait pas grave si elles n'étaient pas désherbées à 100% (anti germinatif plus glyphosate pour être sur que rien ne subsiste) Dans ma vigne depuis que j'ai repris l'exploitation il y a dix ans je n'utilise aucun désherbant juste la tondeuse et la pioche. J'ai pu voir l'évolution et la succession des espèces au fil des années. Donc en juin ou début juillet ma petite voisine ( 30 ans) qui pourtant est allée au lycée agricole est venu traiter contre le ver de la grappe (sinon pas de récolte) à 14h toutes les abeilles étaient en pleine récolte de nectar et de pollen Agoseris sancta,  pissenlit, grande mauve, Phacélie etc...un peu plus d'un hectare (de nectar ) de fleurs. Il aurait suffit que deux jours avant je passe la tondeuse et le problème aurait été moins PIRE. Que faire? c'est pas notre "sinistre de l'écologie" qui fera changer les chose. ( préfère rien dire) Quant à l'Europe ... Depuis deux ans nous avons aussi la venue du frelon d'Asie : un véritable tueur d'abeilles.

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Re: Colère d'un apiculteur

par Colette GUIDAT,

comment faire plus que signer des pétitions, informer autour de moi, manger bio... je suis d'autant plus sensible au problème que j'aime beaucoup le miel et que seule la propolis me préserve de traitements antibiotiques trop fréquents ( à cause d'un problème d'anticorps). Une note optimiste : j'habite à Marseille, des ruches ont été posées sur certains toits : le miel est excellent et nos chères abeilles ne se portent pas trop mal... Ma provision provient des ruches installées dans le Parc des Calanques : du bon miel de romarin ! A part ça la production de bio ne suffit plus à répondre à la demande des français. Alors les agriculteurs il va falloir entendre que nous, les abeilles et autres insectes, oiseaux et cie on ne veut plus s'empoisonner pour enrichir Bayer et Monsanto !  

En réponse à Colette GUIDAT

Re: Colère d'un apiculteur

par Besma ASTRUC,

Bonjour 

C'est clair l'abeille n'est pas épargnée pesticide, maladie et frelon asiatique, on se sent impuissant face à  des variables qui nous incombent pas. Moi même je continue à signer des pétitions j 'en parle autour de moi, j' essaie de sensibiliser les gens à l'importance de la biodiversité. Je pense qu'on a atteint un point critique où l'avenir de homme est en continuel danger (multiplication maladie, cancer) peut être cela va faire bouger les choses. En tout cas merci pour vous apiculteurs, botanistes ou autre formes sentinelle de l'environnement pour votre investissement. 

Besma

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Re: Colère d'un apiculteur

par Corinne DECARPENTRIE,

Bonjour tout le monde,

Je viens de trouver cet article :

https://positivr.fr/europe-interdit-neonicotinoides/

Je pense que c'est une bonne nouvelle  sourire


En réponse à Corinne DECARPENTRIE

Re: Colère d'un apiculteur

par Colette GUIDAT,

oui c'est une bonne nouvelle ! mais il faut rester vigilant : les empoisonneurs ne se laisseront pas abattre comme cela. et il y a les autres continents : surtout l'Afrique et l'Amérique du Sud...