Étant passionné par le orchidées terrestres et surtout épiphytes. Je me suis arrêté sur l'Ohprys exaltata, que j'ai découverte depuis peu sur une parcelle familiale en zone méditerranéenne.
https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-45204-synthese
Concernant la nutrition :
Les orchidées ont une association particulière avec différents mycorhizes durant toute leur vie.
Cela commence au tout début par une symbiose à retardement avec un (ou des) Rhizoctonia.
Il joue le rôle de nourrice à la toute jeune graine, dépourvue de réserves, pour qu'elle puisse devenir protocorme. Puis lorsque qu'elle pourra faire sa photosynthèse, il pourra en échange se nourrir des sucres qu'il a besoin que la plante lui laissera prendre à l'intérieur de ses racines.
Ensuite, l'orchidée devient autotrophe mais une relation spécifique d'échange de carbone photosynthétique avec une autre plante peut s'établir. Dans ce cas, ce carbone est véhiculé par un (ou des) champignon symbiotique qui développe des mycorhizes sur les deux hôtes, la plante non chlorophyllienne et la plante verte, formant ainsi un pont mycorhizien.
Concernant la reproduction:
Les différents genres d'orchidées ont développés des processus très spécifiques pour leur besoin de fécondation en fonction de leur lieu de vie et surtout de la phénologie de leur pollinisateur (insectes - oiseaux - chauve-souris, etc).
Voici la photo de la fleur de cette gracieuse orchidée, la forme étoilé du groupe sépales/pétales et surtout le labelle très particulier, de couleur sombre avec ses motifs qui "dirige" un atterrissage d'insecte pollinisateur.
Une fois atterri, cette acteur pourra se diriger pour déguster le nectar mais sera obligé de passer par le gynostème, un super organe de reproduction.
Ce regroupement d'organes (étamine - rostellum - stigmate), dans un ordre bien architecturé, l'obligera à déposer les pollinies d'un autre plant de la même espèce d'abord et lors de sa sortie, en marche arrière, viendra frotter la base collante des pollinies et s'envolera avec vers un autre plant.
Cependant, le genre Ophrys a un plan B si aucun pollinisateur ne vient la visiter et que la fécondation croisée ne peut se réaliser. Lorsque la fleur est proche de faner, une autofécondation peut tout de même se réaliser. Les pollinies sortent et pendent de leur logement protecteur, l'anthère, laissant le vent faire la mise en contact avec le rostellum.
Les plantes n'ont pas de "cerveau" mais une certaine intelligence est bien présente avec l'art de la manipulation et de sa mise en association d'autres êtres vivants.
Je vous laisse car j'ai une potée débordante de bulbophyllum gibbosum à diviser et à monter sur des plaques de liège spécifiquement "moussues" par mes soins. Bonne fin de journée