Bonsoir Abdelghani,
Il est vrai que ce "chez nous" est imprécis pour un MOOC francophone.
De fait, le climax est forestier dans la majeure parmi des régions européennes de climat tempéré. Mais il existe des climax non forestiers, en Europe (à haute altitude, par exemple ; ou dans les zones très salées à proximité des lagunes littorales où les climax sont des fourrés halophiles = "sansouires") comme ailleurs (ex. : zones arides)
La notion de climax est néanmoins délicate car elle prend en compte les conditions écologiques qui régissent l'évolution de la végétation en un lieu donné mais, généralement, en excluant l'action humaine (les facteurs anthropiques), et surtout en considérant qu'elles varieront peu au cours du temps. Or tout point de la Terre, aussi stable soit-il à un moment donné de l'histoire géologique, verra changer ses conditions écologiques à un moment donné (activité tectonique, érosion, changements climatiques...). Plus ou moins vite, certes, mais cela est inéluctable.
Qui plus est, le fonctionnement même des écosystèmes les amène à évoluer. Une tourbière de bord de lac en montagne, par exemple, contribue peu à peu au comblement du lac en question, comblement également dû aux alluvions/colluvions venus de points plus élevés. Au fur et à mesure de ce comblement, les Sphaignes (sortes de mousses qui forment l'essentiel des tourbière) se trouvent dans des conditions de moins en moins propices. Pour autant une tourbière peut être fonctionnelle pendant des milliers d'années. Quel pas de temps doit on prendre en compte selon, par exemple, la taille du lac, pour dire que la tourbière est le climax de cette zone ou simplement une stade de végétation temporaire dans le "paysage" local ?
La notion de climax est donc intéressante mais elle doit être relativisée en fonction de ces réflexions.
Bien cordialement
JPierre